Francken reconnaît s'inspirer du Vlaams Belang pour certains aspects de sa politique

- Publié le 23-11-2018 à 20h54
- Mis à jour le 23-11-2018 à 20h53

Le secrétaire d'État N-VA enchaîne les polémiques… Cette fois-ci, il a cependant souhaité nuancer ses propos.Début de la législature : Theo Francken soulève l'indignation en participant au nonantième anniversaire d'un ancien collabo, le nationaliste flamand Bob Maes. Fin de la législature : le même Theo Francken reconnaît s'inspirer, parfois, du Vlaams Belang (VB) en matière migratoire. C'est ce qu'il a déclaré jeudi soir lors d'un débat à Edegem (au sud d'Anvers) avec le président du parti d'extrême droite, Tom Van Grieken. Cette rencontre, organisée par "Doorbraak", site flamand proche de la droite nationaliste, portait justement sur le Pacte de l'Onu sur les migrations. Un texte au cœur d'une polémique allumée justement il y a quelques jours par le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, qui y est hostile.
"Le canari dans la mine"
De quoi parle-t-on ici ? Lors du débat de jeudi, le leader du Vlaams Belang a fait observer que son parti avait plus de points en commun en politique migratoire avec la N-VA qu'avec les autres partis. Tom Van Grieken a déploré au passage le refus de la N-VA de monter en coalition avec son parti dans plusieurs communes du nord du pays.
C'est alors que Theo Francken a reconnu suivre en partie le VB en matière de migrations : "Le Vlaams Belang est comme le canari dans la mine", a-t-il indiqué en évoquant les avertissements de Filip Dewinter (VB) sur Sharia4Belgium, qui n'auraient pas été pris au sérieux. "Je suis (ce qu'écrit) l e Vlaams Belang en matière de migration, je ne me sens pas à l'aise de le reconnaître", a enchaîné Theo Francken, cité dans De Standaard. "Je lis vos textes, parfois je m'en inspire. Sur ce terrain, vous avez énormément conscientisé, c'est méritoire", a-t-il ajouté à l'intention des membres de la formation d'extrême droite. "Il y a eu une énorme prise de conscience chez les Flamands, chez les Belges, sur le plan de l'immigration. C'est un mérite. Avant, si on osait dire quelque chose, on était poussé dans un coin, où on était brun (couleur associée à l'extrême-droite, NdlR), sale, dégueulasse, et maintenant on peut critiquer la migration, dire qu'on n'est pas d'accord, qu'on combat ce modèle sans recevoir une étiquette qui ne vous correspond pas."
Theo Francken a confirmé par ailleurs être opposé au principe du cordon sanitaire, tout en rappelant certaines attaques que le parti d'extrême droite a portées contre lui et son entourage. Concernant le Pacte de l'Onu, le secrétaire d'État a confirmé les difficultés de la N-VA au sein du gouvernement, mais a estimé qu'il restait suffisamment de temps pour trouver une solution.
PS et Écolo bondissent
Ces propos, on pouvait l'imaginer, ont fait bondir l'opposition francophone. Le PS et Écolo les ont dénoncés vendredi. "Cela montre bien qu'aujourd'hui, l'extrême droite dicte son agenda politique par le biais de la N-VA", a dénoncé le chef de groupe PS à la Chambre, Ahmed Laaouej (lire en pages 10 et 11). Selon lui, le secrétaire d'État N-VA banalise l'ignoble. "Combien de temps le Premier ministre va-t-il encore tolérer cette situation ?", a-t-il demandé. "Plus besoin de caricatures", a réagi de son côté, sur Twitter, la coprésidente d'Écolo Zakia Khattabi. "L'extrême droite est bien à la manœuvre en matière d'asile au gouvernement."
Aussi des différences fondamentales
Du côté du cabinet Francken, on veut nuancer les choses. Les propos tenus par l'enfant terrible de la N-VA l'ont été dans le cadre d'un long débat qui a duré plus d'une heure, explique sa porte-parole. Lors de ces échanges, Theo Francken a bien reconnu certaines convergences avec le Vlaams Belang mais a également pointé une série de différences fondamentales et irréconciliables entre la politique migratoire qu'il entend mener et les idées de l'extrême droite flamande. Par exemple, la N-VA ne veut pas d'un stop migratoire mais d'une immigration légale et contrôlée. Elle juge aussi, au contraire du parti d'extrême-droite, qu'une fermeture des frontières belges signifierait une catastrophe économique pour le pays et réclame des frontières européennes plus hermétiques.
F.C. (avec Belga)