Les Flamands et les héros de la bataille des Éperons d'or

- Publié le 10-07-2019 à 11h03
- Mis à jour le 10-07-2019 à 19h05
La bataille de Courtrai ou de Groeninghe du 11 juillet 1302, dite bataille des Éperons d'or, a été une guerre oubliée pendant cinq siècles. La donne a changé "avec la naissance de la Belgique, explique Cédric Istasse. Le jeune État belge a entrepris de s'appuyer sur l'évocation d'un passé glorieux pour assurer sa pérennité […] Historiens, écrivains et plasticiens ont alors été chargés de célébrer les heures les plus riches et les plus héroïques de l'histoire ancienne du pays. Parmi leurs thèmes de prédilection, […] la bataille des Éperons d'or."
Monopolisation
"Ensuite, le souvenir de ce fait d'armes médiéval a sensiblement évolué au cours des XIXe et XXe siècles. Peu à peu, le symbole national a été capté puis monopolisé (dans l'entre-deux-guerres, NdlR) par le Mouvement flamand : les commémorations annuelles du 11 juillet sont devenues l'un des lieux privilégiés d'expression des revendications linguistiques puis des volontés d'autonomie de la Flandre. C'est de ce cheminement mémoriel que découle la décision de la Communauté flamande d'ériger […] la bataille des Éperons d'or en point de référence de son identité."
"L'objectif des premiers flamingants n'était nullement de contrer l'entreprise de construction d'une identité nationale belge", souligne l'historien. Cela étant, au fil du temps, "l'instrumentalisation de la mémoire de la bataille de Courtrai" est passée "de la constitution et de la fortification de l'âme belge (selon la terminologie du temps)" à la défense des intérêts flamands, autonomistes, voire séparatistes.
