L'Atomium a fait peau neuve
Les neuf sphères et 22 tubes de l'Atomium grouillaient encore de monde à la veille de l'inauguration: électriciens, peintres, ingénieurs, livreurs, nettoyeurs... mettaient la touche finale au chantier de rénovation qui avait concrètement débuté durant l'été 2004.
- Publié le 14-02-2006 à 00h00

Les neuf sphères et 22 tubes de l'Atomium grouillaient encore de monde à la veille de l'inauguration: électriciens, peintres, ingénieurs, livreurs, nettoyeurs... mettaient la touche finale au chantier de rénovation qui avait concrètement débuté durant l'été 2004. Certains y auront passé quelques nuits blanches. Comme leurs prédécesseurs, cela dit, qui avaient construit cet incroyable bâtiment quarante-huit ans plus tôt: "La nuit précédant l'inauguration de l'Expo, le dernier camion quittait le site de l'Atomium à 2h du matin et il restait encore 2300 boulons à serrer", raconte Frans Cools, chef de chantier en 1958.
Décédé en octobre 2005, le concepteur de l'Atomium, l'ingénieur belge André Waterkeyn, n'aura malheureusement pas vu les travaux terminés, mais il aura au moins pu constater son sauvetage et voir ses boules briller d'un nouvel éclat. L'Atomium symbolise, pour rappel, une molécule cristalline de fer agrandie 165 milliards de fois.
Ce chantier délicat a été financé par l'ASBL Atomium (propriétaire), le fédéral (via l'accord de coopération avec la Région bruxelloise Beliris), la Ville de Bruxelles et la Loterie Nationale. Et réalisé par le consortium d'entrepreneurs Besix/Jacques Delens. L'image la plus marquante restera sans doute celle de ces dizaines d'ouvriers voltigeurs, "araignées", ou "coccinelles" comme on les a appelés - allusion à leur combinaison rouge -, posés sur les sphères ou suspendus au bout d'une corde.
Ce 14 février, l'Atomium sera officiellement inauguré, en présence de nombreux journalistes belges et étrangers. Le public, lui, y aura de nouveau accès à partir du samedi 18, et est convié à une grande fête populaire autour du monument durant le prochain week-end de Pâques.
Un miraculé
Mine de rien, l'Atomium rénové est un miraculé, quand on sait qu'initialement il ne devait rester en place que six mois, la durée de l'Exposition universelle. Il l'est d'autant plus que son état, avant sa fermeture en septembre 2004, était préoccupant: le monument métallique, certes toujours remarquablement stable et solide, était, ici et là, rongé par la rouille; l'une des boules, investie par l'eau, la mousse et la fiente de pigeon, était condamnée. Beaucoup de Belges avaient l'image - parfois même sans l'avoir visité - d'un monument vieillot et désuet. On ne peut que leur conseiller d'aller (re)découvrir ce génial bâtiment qui, un demi-siècle après sa construction, reste synonyme d'audace, d'originalité et d'expérience inoubliable.
L'Atomium n'est pas classé, mais il a été traité comme tel: selon une restauration à l'identique, moyennant toutefois des matériaux et investissements plus durables. Le "squelette" en acier a été sablé, renforcé et repeint en "gris Atomium". La "peau" de chaque sphère, à l'origine constituée de 720 panneaux en aluminium, a été remplacée par 48 panneaux en inoxydable reproduisant exactement le design initial. Le plexiglas initial, par de nouveaux vitrages. De nouveaux escalators ont été installés. L'éclairage extérieur en pointillés - en trois modes: tout allumé, clignotant ou imitant les pulsions de l'électron - passe par des ampoules à diodes "led" et non plus des ampoules traditionnelles. Au passage, l'Atomium a été rendu plus fonctionnel (circulation...), confortable (isolation, climatisation...) et adapté aux normes de sécurité du XXIe
siècle (escalier de secours supplémentaire...). La rénovation a attiré de nombreuses entreprises privées, désireuses d'associer leur nom à ce monument, symbole de la Belgique, d'audace et d'ingéniosité.
Nouvel accueil
Le contenu des boules a été repensé, mêlant des activités permanentes et temporaires (lire page 4). Des artistes renommés ont participé à l'aménagement intérieur (lire ci-contre).
D'autres travaux, au cours des prochains mois, compléteront la rénovation: les abords et la mobilité locale seront réaménagés pour la fin 2006, et un nouveau pavillon d'accueil érigé. Conçu par l'architecte anversoise Christine Conix, ce bâtiment en inox mat (cf. "La Libre" 9/12), qui épousera le contour de l'actuel pavillon d'accueil entourant la boule de base, abritera billetterie, boutique et vestiaires. Il devrait être opérationnel en mai 2006.
L'Atomium - qui appartient à l'ASBL du même nom et vit au quotidien sans subside public - sera alors complètement équipé pour accueillir le million de visiteurs annuel espéré.
© La Libre Belgique 2006
