Le Forem et son patron seront mis sous tutelle
Le gouvernement wallon procédera à une réforme importante de la structure de décision au sein du Forem. En attendant qu'elle voit le jour, le comité de gestion de l'institution assurera le pilotage de l'institution, a indiqué mardi le ministre wallon de l'Emploi, Jean-Claude Marcourt. Méan reconnaît l'une ou l'autre erreur Même ses ministres blâment le Forem
- Publié le 31-03-2009 à 00h00

Le président du comité de gestion jouera un rôle moteur dans cette transition, a précisé le ministre. Le comité recrutera par ailleurs un nouveau directeur du Forem support (l'une des trois branches de l'Office, responsable de l'administration et de l'intendance) qui sera notamment chargé des marchés publics à la place de l'administrateur-général, Jean-Pierre Méan. "Nous accueillons avec intérêt la mise sous tutelle du Forem", a réagi la députée Véronique Cornet (MR). "C'est le temps de la réforme", s'est réjoui Marcel Cheron (Ecolo), qui attend toutefois de voir les preuves du changement au sein de cette institution.
M. Marcourt a annoncé ce qui s'apparente à une mise sous tutelle de l'administrateur-général au terme d'une journée consacrée à l'examen du rapport intermédiaire de la Cour des comptes sur le fonctionnement de l'institution. Les conclusions du ministre sont mitigées mais néanmoins cinglantes. "Lorsqu'on lit le rapport, on peut dire qu'il y a des améliorations mais aussi des choses qu'on ne peut accepter", a-t-il souligné. Et d'ajouter un peu plus tard: "Ce qui est arrivé aujourd'hui ne peut plus jamais être constaté".
M. Marcourt profitera des vacances de Pâques pour préparer une note d'orientation sur la réforme de la direction du Forem.
Pendant plusieurs heures, l'opposition a tiré des salves en direction de la gestion du Forem en se fondant sur le rapport. "Toutes les trois pages, il y a des irrégularités, des illégalités. On semble vivre dans un autre monde au Forem", a affirmé Willy Borsus (MR). De longs échanges ont eu lieu sur les marchés publics -la Cour en épingle une série où des irrégularités ont été constatées- ainsi que sur les coachings individuels dont ont bénéficié une série de dirigeants du Forem en vue d'un examen menant à leur reconduction.
M. Méan a balayé les accusations lancées par l'opposition, insistant sur l'amélioration du fonctionnement du Forem depuis plusieurs années. Il a toutefois reconnu l'une ou l'autre "erreur", "maladresse" ou "approximation", notamment à propos de ces coachings dont il a profité. Ils n'ont rien d'illégal mais il aurait dû en référer à une instance supérieure. "Je n'ai pas eu le réflexe de me faire couvrir par l'un ou l'autre. C'est une maladresse et j'ai donc décidé de rembourser au Forem la partie de la formation destinée à l'examen", a-t-il indiqué.
Les ressources humaines auront elles aussi été au centre des débats, en particulier le recours excessif à des agents contractuels et des compléments de traitement illégaux. L'administrateur-général a à nouveau plaidé en faveur d'un statut du personnel du Forem spécifique et adapté aux besoins de l'institution. Quant aux compléments de traitement, "ils sont accordés dans une parfaite illégalité", a fait remarquer un conseiller de la Cour, en s'empressant de préciser qu'il n'y avait aucun arbitraire et qu'ils étaient appliqués systématiquement. Le phénomène a d'ailleurs été constaté dans d'autres organismes.
Autre point abordé, celui des aides à l'emploi, en particulier les APE dont le Forem assure la gestion. La Cour épinglait là aussi quelques problèmes. Le cdH a proposé que le dispositif soit transféré à l'administration. Plus globalement, les centristes réclament que le Forem se recentre sur ses missions de base: insertion socio-professionnelle, accompagnement des chômeurs, etc.
