Des fidèles désorientés

Ala paroisse des Sts Marie et Joseph de Blocry, à l'ombre du château d'eau d'Ottignies et à un jet de pierre de Louvain-la-Neuve, c'était la fête dimanche. Après 8 ans et demi de présence à sa tête, le P. Charles Delhez y faisait ses adieux, ayant été appelé par la Compagnie de Jésus à assumer de nouvelles missions comme aumônier des étudiants aux Facs de Namur.

Christian Laporte
Des fidèles désorientés
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Ambiance Ala paroisse des Sts Marie et Joseph de Blocry, à l'ombre du château d'eau d'Ottignies et à un jet de pierre de Louvain-la-Neuve, c'était la fête dimanche. Après 8 ans et demi de présence à sa tête, le P. Charles Delhez y faisait ses adieux, ayant été appelé par la Compagnie de Jésus à assumer de nouvelles missions comme aumônier des étudiants aux Facs de Namur.

La communauté de la paroisse aux marches du vieil Ottignies et de Louvain-la-Neuve entendait saluer dignement son pasteur. Dans la ferveur et dans la joie, à l'image de l'entité paroissiale qui laisse une large autonomie à la base au point de financer sur fonds propres l'assistante paroissiale.

Un temps fort de plus donc, ponctué par le baptême d'une jeune fille de 17 ans venue progressivement à la foi. Mais aussi un moment plus que difficile à l'aune de l'actualité : comment pouvait-on se réjouir sans avoir à l'esprit les accablantes conclusions du rapport de la commission Adriaenssens ?

Pour la circonstance, le P. Delhez a opté pour une approche discrète mais résolue que certains des quelque 300 participants à son eucharistie d'action de grâce ont dû trouver faiblarde, eu égard à sa personnalité médiatique.

En fait, tout au long de la longue cérémonie d'au revoir à une communauté paroissiale qui ne craint pas le parler-vrai depuis qu'elle fut dirigée par le P. Etienne Amory puis par le P. Charles Delhez, deux dignes disciples d'Ignace de Loyola, le drame vécu actuellement par l'Eglise belge se retrouva en filigrane même si l'on s'étonna de ne pas voir une intention de prière consacrée aux victimes mises en exergue par le rapport de la commission.

Certes l'exercice était délicat mais Charles Delhez ne manqua pas de souligner dans son homélie que "les temps étaient difficiles pour l'Eglise", paraphrasant le cardinal anonyme du fameux livre d'Olivier le Gendre, et d'ajouter : "Il ne nous reste sans doute que l'Evangile mais il reste tout cela".

A la réception qui suivit la messe, les langues se délièrent. Pour certains participants, il aurait fallu évoquer davantage les tristes événements actuels mais cela n'enlève rien à leur confiance, sinon en la hiérarchie, en tout cas en des pasteurs comme le P. Charles : "Le sommet de l'Église ne pourra pas esquiver une vraie remise en question. C'est un moment très dur pour les fidèles mais émettons l'espoir que l'Eglise retourne vraiment à l'Evangile."

Un autre paroissien qui nous rappelle que son père "n'avait pas confiance en la cléricature dans les internats et ailleurs" constate que "jusqu'ici c'est surtout l'Europe anglo-saxonne sinon germanique qui vit de plein fouet le drame de la pédophilie ecclésiale. Jusqu'ici, la France mais aussi l'Espagne et l'Italie semblent épargnées. Quand cela éclatera "

L'approche n'est pas moins critique que dans les assemblées du nord du pays. Encore que dans leurs homélies, les prêtres flamands semblent avoir été largement plus offensifs. Exemple parmi d'autres : le curé de Merchtem a dit que l'Eglise avait tout intérêt à "se défaire de ses pommes pourries"

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