L'Eglise peine à réagir

C'est ce lundi en fin de matinée que la Conférence épiscopale de Belgique réagira - enfin - officiellement au rapport plus qu'accablant à l'égard de l'Eglise nationale, issu des travaux de la commission qu'elle avait elle-même contribué à mettre sur pied sous la présidence du pédopsychiatre louvaniste Peter Adriaenssens.

C.Le
L'Eglise peine à réagir
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C'est ce lundi en fin de matinée que la Conférence épiscopale de Belgique réagira - enfin - officiellement au rapport plus qu'accablant à l'égard de l'Eglise nationale, issu des travaux de la commission qu'elle avait elle-même contribué à mettre sur pied sous la présidence du pédopsychiatre louvaniste Peter Adriaenssens.

Tout au long du week-end, l'institution s'est retrouvée dans le collimateur critique des médias mais aussi au cœur de bien des conversations hors et dans les milieux ecclésiaux. Il était donc immanquable que l'on suive avec la plus grande attention l'homélie de l'archevêque de Malines-Bruxelles, invité par son collègue Mgr Guy Harpigny à la messe festive organisée dimanche matin en la cathédrale de Tournai, à l'occasion de la traditionnelle Grande procession.

Mgr Léonard n'a pas fait d'allusion directe, même si les fidèles ont à coup sûr pensé aux derniers développements lorsqu'il a parlé de "l'histoire de l'Homme et de l'Église, faite de grandeurs et de misères ". Ou quand il a dit que "quand nous pensons aux pécheurs, ne pensons pas d'abord aux autres".

Au moment des intentions, par contre plus de doute : les participants ont prié "pour l'Église de Belgique si durement éprouvée ces derniers mois". Et "pour ceux qui ont une grande souffrance dans leur cœur ou dans leur chair". Reste que de manière plus générale, on n'a pas vu de geste pendant le week-end.

Il est venu de là où on ne l'attendait pas (encore) même si la pression de la hiérarchie a été de plus en plus forte en fin de semaine dernière sur lui : samedi midi, lors d'un bref point de presse au palais archiépiscopal de Malines, le porte-parole de la Conférence épiscopale, Jürgen Mettepenningen a annoncé que Mgr Roger Vangheluwe avait décidé de quitter l'abbaye Saint-Sixte de Wesvleteren où il résidait depuis sa démission comme évêque de Bruges.

M. Mettepenningen a précisé qu'il avait été contacté vendredi soir par Roger Vangheluwe. "Il s'est mis en rapport avec moi parce que je suis le porte-parole de la Conférence épiscopale de Belgique et c'est en cette qualité que je vous lis son communiqué", a expliqué sobrement le porte-parole qui a refusé d'en dire davantage, affirmant ne pas disposer d'autres informations.

Et d'ajouter si besoin en était encore : "Je ne suis pas le porte-parole de Roger Vangheluwe. J'agis ici uniquement comme intermédiaire pour permettre la transmission de son communiqué".

Qu'a donc dit celui-ci ? Roger Vangheluwe y a d'abord rappelé que lors de sa démission le 23 avril dernier, il "avait dit combien [il] regrettait amèrement ce qu'[il] avait fait dans le passé". Il y avait, dit-il, "également demandé pardon et présenté [ses] excuses à la victime, à sa famille et à toute l'Église".

"Je le fais une nouvelle fois par le biais de ce communiqué. Depuis, mes regrets n'ont fait qu'augmenter, maintenant que je vois tout le mal occasionné par mes actes. Beaucoup, dont le cardinal Danneels, ont été entraînés dans une spirale de chagrin et de détresse. Je tiens une fois encore à reconnaître ma culpabilité et à demander pardon à notre Église, à la société ainsi qu'à tous ceux qui sont marqués par la souffrance".

Et de dire sa reconnaissance au Père Abbé et à la communauté de Westvleteren pour leur hospitalité au cours de ces derniers mois. Avant de conclure : "Je continuerai dans la discrétion à réfléchir à ma vie et à mon avenir, et ce dès aujourd'hui dans un autre lieu, hors du diocèse de Bruges".

Si du côté de l'Église, on refuse de préciser où le prélat déchu a trouvé l'asile, "La Libre Belgique" est en mesure de préciser que ce n'est en tout cas pas à Ottignies-Louvain-la-Neuve et donc pas davantage non plus dans l'ancienne commune de Céroux-Mousty. Depuis quelques semaines, une rumeur tenace laissait entendre que Roger Vangheluwe aurait pu rejoindre un des appartements destinés à des prêtres à la retraite dans l'ancienne maison paroissiale restaurée de Mousty mais l'échevin des Cultes, Benoît Jacob (CDH-ICH) nous a précisé, dimanche matin, que ce n'était certainement plus à l'ordre du jour dans le contexte actuel.

L'on lira par ailleurs que sur le plan juridique, la publication du rapport est loin de mettre un point final aux actions des conseils des victimes. D'autant plus que comme l'a dit Me Christine Mussche, ces dernières n'ont pas été impressionnées par le communiqué de Roger Vangheluwe mais ont surtout été scandalisées par le fait qu'il ne parlait pas d'elles.

Sur un plan plus politique, si l'idée d'une commission parlementaire fait son chemin dans les rangs du PS et du MR, la députée fédérale Catherine Fonck (CDH) a estimé que les structures déjà existantes d'aide aux enfants et aux familles devraient être complétées sur tout le territoire par des cellules d'aide psychologique pour les adultes victimes d'abus dans leur enfance. "Ces cellules pourront évidemment accueillir toutes les victimes de faits de pédophilie connues ainsi que celles qui ne se sont pas encore fait connaître, que ces faits se soient produits dans le cadre d'une relation pastorale, ou en toute autre circonstance" , avance M me Fonck. Pour la cheffe de groupe CDH à la Chambre, "le rapport interpelle aussi l'ensemble de la société belge et devra, à ce titre, connaître des prolongements politiques visant à améliorer la protection de tous les mineurs en situation de dépendance, et, autant que possible, judiciaires".

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