Des prêtres plus mûrs affectivement
Mgr Léonard, "retenu avec regret par d'autres occupations", n'était pas présent mercredi après-midi à Namur, mais c'est bel et bien un de ses grands chantiers comme nouveau "patron" de l'Eglise belge qui a été porté sur les fonts baptismaux dans sa ville natale de Namur.
- Publié le 16-09-2010 à 04h15
- Mis à jour le 16-09-2010 à 08h41

Mgr Léonard, "retenu avec regret par d'autres occupations", n'était pas présent mercredi après-midi à Namur, mais c'est bel et bien un de ses grands chantiers comme nouveau "patron" de l'Eglise belge qui a été porté sur les fonts baptismaux dans sa ville natale de Namur.
Désormais, tous les séminaristes francophones des diocèses de Liège, Tournai, Namur et de l'archidiocèse de Malines-Bruxelles recevront une formation philosophique et théologique commune au séminaire Notre-Dame en bord de Sambre. Et donc les non-Namurois ne seront donc plus formés à Limelette ni à celui de Louvain-la-Neuve, naguère si cher à Mgr Léonard.
Les observateurs les plus critiques de l'Eglise n'ont pas manqué d'y voir une nouvelle manifestation de la forte volonté de recentralisation léonardienne, mais ce serait faire fi du fait que l'Eglise, en Belgique comme ailleurs, est une réalité très fédérale.
Entendez que ses entités fédérées ont quand même encore un (petit) mot à dire. C'est pourquoi, avant la séance officielle de rentrée, à laquelle la presse avait été priée de ne pas assister - la crainte de voir certains journalistes interpeller un peu crûment les évêques présents au lendemain de la publication du rapport Adriaenssens ou de voir s'étaler encore davantage certaines différences d'approche entre eux ? - le président namurois, l'abbé Joël Rochette était entouré de ses collègues de Tournai (l'abbé Daniel Procureur), de Liège (le chanoine Lambert Wers) et de Malines-Bruxelles (Olivier Bonnewijn).
Ensemble, ils ont d'ailleurs préparé cette réunification dès le mois de février, soit pratiquement juste après la désignation de Mgr Léonard à Malines-Bruxelles.
Pour l'abbé Joël Rochette, cette fusion était inscrite dans les étoiles "en raison du petit nombre de séminaristes, mais aussi parce qu'il s'impose de bâtir une formation stable pour les futurs prêtres face à un avenir qui est quand même aléatoire". Et le président du nouveau méga-séminaire d'octroyer quand même de bons points à Limelette et à Louvain-la-Neuve "pour leur travail remarquable dans le sillage duquel nous voulons poursuivre la formation des prê tres francophones de demain".
Bref, fédérer c'est aussi (ré)unir et cela se fait dans "une triple optique de rationalisation, d'optimalisation et de pérennisation". La rentrée concerne 44 séminaristes. C'est certes deux de moins que l'an dernier, mais il y en a 11 nouveaux, contre 8 en 2009. Namur, avec ses deux séminaires, en compte à lui tout seul 27 (Chemin néocatéchuménal inclus) devant Malines-Bruxelles et Liège (7) alors que Tournai en a 3.
Face à la presse, les directeurs des séminaires de Tournai, Liège et Bruxelles ont chacun à leur manière précisé leurs fonctions futures, mais c'est évidemment le président de Namur que l'on attendait plus particulièrement au tournant à propos de la formation humaine des futurs prêtres.
Pour Joël Rochette, cette formation humaine se veut "vraie, juste et adéquate en tenant compte de la liberté et de l'affectivité des candidats au sacerdoce".
Une précision liminaire utile ici : "La moyenne d'âge des séminaristes est de 30 ans et 4 mois. On est donc loin du vieux cliché de jeunes candidats immatures à peine sortis du cocon familial. Les nôtres ont non seulement déjà une formation non ecclésiale et de solides diplômes, mais ils ont déjà connu les réalités terrestres avec toutes leurs faiblesses "
Traduisons : plus que jamais, les candidats à la prêtrise seront "screenés" car, comme l'a dit l'abbé Rochette, "une maturité humaine, psychologique et affective est indispensable pour vivre un ministère fécond de sens alors que les repères sociétaux semblent totalement bouleversés en ces domaines. La maturité affective des futurs prêtres est requise par une société qui en manque souvent elle-même cruellement."
Tout cela, bien évidemment sous le signe du célibat : "Des cours spécifiques sont donnés pour approfondir le choix du célibat sacerdotal par un corps professoral qui compte autant d'hommes autant de femmes, autant de laïcs que de prêtres."
Mais la formation offre aussi des cours de psychologie et "un séminaire imposant de morale familiale et sexuelle" qui s'étendra sur toute l'année à raison de trois heures par semaine. En même temps, les futurs prêtres seront encore plus immergés dans les réalités pastorales "afin de mieux appréhender le ministère presbytéral dans toutes ses dimensions, ses joies, ses possibilités mais aussi ses fragilités".
En soi, cette dimension psychosociale renforcée n'est évidemment pas née des terribles conclusions de la commission Adriaenssens, mais elle devient de plus en plus importante aux yeux des formateurs de prêtres. Parce qu'ils sont bien conscients qu'il y va de l'avenir de l'Eglise belge
Vangheluwe: seul le pape peut trancherRéaction . Le P. Lombardi, porte-parole du Vatican, a brièvement commenté mercredi l'affaire Vangheluwe. Le St-Siège dit "comprendre la préoccupation de la société et de l'Eglise belge, pour la gravité des faits commis par l'ex-évêque de Bruges". Mieux : "Cette préoccupation est partagée par le Pape et ses collaborateurs". Cela dit "les décisions qui s'imposaient, ont été prises rapidement : c'est-à-dire la démission et le retrait du ministère. Roger Vangheluwe a également quitté son diocèse". Mais "rien n'est tranché pour des sanctions ultérieures, comme une réduction à l'état laïc". Rome suit en tout cas le "ressenti" des Belges de près mais "la décision appartient au pape et il faut en tenir compte. Il lui faudra certainement du temps pour se renseigner et réfléchir. C'est ce que Mgr Léonard a indiqué en parlant de "délai raisonnable". Pour Federico Lombardi, "une réduction à l'état laïc serait plus symbolique que pratique, car l'exercice de son ministère est déjà exclu". C.Le
