La Belgique reprend sa place dans les opérations de la coalition anti-Daech

La Belgique avait déjà assuré cette mission de guerre - qu'elle nomme Operation "Desert Falcon" (ODF) - entre octobre 2014 et juin 2015 en parallèle avec les Pays-Bas, l'interrompant pour des raisons financières.

Belga
La Belgique reprend sa place dans les opérations de la coalition anti-Daech
©Belga

La Belgique a pris mardi le commandement d'un détachement binational belgo-néerlandais engagé dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) en déployant pour un an six chasseurs-bombardiers F-16 en Jordanie, d'où ils attaqueront des objectifs au sol du mouvement terroriste Irak - et pour la première fois pour l'aviation belge - en Syrie, alors que les djihadistes perdent peu à peu le terrrain qu'ils avaient conquis voici deux ans sous les coups de boutoir de la coalition internationale. La cérémonie de passage de témoin entre les Néerlandais, engagés sans interruption depuis 21 mois dans l'opération "Inherent Resolve" dirigée par les Etats-Unis, et leurs successeurs belges s'est déroulée sur une base aérienne jordanienne dont le nom et la localisation sont tus pour des raisons de sécurité.

Les F-16 néerlandais ont effectué mardi, sous les yeux des commandants des deux forces aériennes, le lieutenant-général Dennis Luyt Luyt, et son homologue belge, le général-major Frederik Vansina, leur ultime mission opérationnelle. Les deux avions sont rentrés sans avoir largué de bombes, a constaté sur place l'agence Belga.

Leur retour aux Pays-Bas est prévu jeudi, selon les militaires néerlandais.

Les appareils néerlandais ont effectué depuis leur arrivée "au Moyen-Orient", en octobre 2014, quelque 2.100 missions en plus de 10.000 heures de vol, qui se sont traduites en 1.800 engagements armés contre des objectifs terrestres de l'EI (alias Daech, selon son acronyme arabe).

La composante Air belge prendra donc la relève à partir du 1er juillet, grâce aux six F-16 arrivés lundi après-midi en Jordanie à l'issue d'un vol en deux étapes en provenance de Belgique. Ces avions seront mis en oeuvre par une centaine de personnes, alors que les Pays-Bas continueront à fournir un détachement de protection au sol, en vertu d'une alternance baptisée "flip-flop" par les militaires.

La Belgique avait déjà assuré cette mission de guerre - qu'elle nomme Operation "Desert Falcon" (ODF) - entre octobre 2014 et juin 2015 en parallèle avec les Pays-Bas, l'interrompant pour des raisons financières.

Mais les six avions belges sont appelés cette fois à intervenir également en Syrie, après le feu vert donné par le gouvernement Michel en réponse à une demande des Etats-Unis et l'aval donné la semaine dernière par le parlement.

La coalition gouvernementale s'appuye sur l'article 51 de la Charte des Nations unies, consacrant la légitime défense, et la résolution 2249 du Conseil de sécurité de l'ONU, une base juridique considérée comme insuffisante par l'opposition socialiste.

Mais l'essentiel des missions, à raison de maximum 400 heures de vol par mois, sera cette fois à nouveau concentré sur l'Irak, a souligné le général Vansina lors d'un entretien accordé à quelques journalistes.

A la fois parce qu'une vaste offensive y est en cours pour repousser Daech - qui a perdu 45% du territoire qu'il occupait avec l'appui aérien de la coalition emmenée par Washington - et parce qu'en Syrie les objectifs se limitent aux positions djihadistes, en évitant de soutenir le régime de Damas et toute rencontre avec les aviations russe et iranienne opérant aux côtés des forces du président Bachar Al-Assad, a-t-il expliqué.

Lors de la première participation aux opérations de la coalition, en 2014-2015, les F-16 belges avaient effectué 3.552 heures de vol - dont une partie de nuit -, attaquant 163 objectifs de Daech. Ce qui représentait 5,5% de l'effort de la coalition anti-EI pour les vols de reconnaissance, d'attaque au sol et d'appui aux troupes terrestres irakiennes et des peshmergas (les combattants de la région autonome du Kurdistan, dans le nord de l'Irak).

Cette fois encore, nous allons tout faire pour éviter de causer des dommages collatéraux qui fassent des victimes civiles, a en substance assuré le général Vansina en mentionnant l'armement de précision qui équipe les F-16 belge et le respect des règles d'engagement imposées aux pilotes. "Mais dans une guerre, rien n'est jamais tout à fait blanc ou tout à fait noir", a-t-il souligné.

D'autres lecteurs ont également lu

Les + consultés

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...