Culture de la sûreté nucléaire: Electrabel veut restaurer la confiance avec la population
Le groupe Engie Electrabel a assuré mardi au parlement de sa volonté de restaurer la confiance avec la population inquiète de l'évolution de la culture de la sûreté nucléaire, égratignée dans plusieurs courriers émanant de l'agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN).
- Publié le 24-01-2017 à 16h06
- Mis à jour le 24-01-2017 à 16h07

Le groupe Engie Electrabel a assuré mardi au parlement de sa volonté de restaurer la confiance avec la population inquiète de l'évolution de la culture de la sûreté nucléaire, égratignée dans plusieurs courriers émanant de l'agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN).
"Nous sommes là pour démontrer que la sécurité nucléaire est une priorité", a indiqué mardi la présidente du conseil d'administration d'Electrabel Isabelle Kocher. "Il faut restaurer la confiance, pièce maîtresse dans toute l'industrie mais encore plus particulièrement dans le secteur nucléaire. Il s'agit de restaurer la confiance avec l'AFCN et le parlement et à travers lui avec les citoyens de ce pays", a-t-elle dit à l'occasion de sa première audition en sous-commission de la sécurité nucléaire de la Chambre.
Tout en rappelant que selon l'AFCN, la sûreté des installations et la sécurité des personnes n'avaient jamais été compromises, Mme Kocher a dit prendre très au sérieux les écarts avec "la culture de sûreté" d'ailleurs constatés par l'exploitant lui-même avant qu'ils ne soient relayés par l'AFCN.
L'énergéticien a mis en oeuvre un plan comprenant 314 actions dans 9 domaines. 142 de ces actions ont déjà été mises en oeuvre à un "rythme soutenu", le reste pouvant être accéléré en vue d'une exécution complète à la mi-2018.
Electrabel a procédé à une redéfinition des rôles et des responsabilités au sein de l'entreprise de manière à évoluer vers un modèle plus intégré en matière de sûreté. Une "équipe d'ingénierie unique" est créée pour les centrales de Doel, Tihange et le corporate. Les moyens de contrôle indépendants sont renforcés moyennant l'installation d'un comité de sûreté au sein du conseil d'administration. Deux experts internationaux de renom ont été désignés. Enfin, des moyens sont également engagés en faveur d'une mobilisation du personnel, à travers la concertation sociale.
Ce plan d'action répond à un triple diagnostic: des contrôles de sûreté apparus trop cloisonnés entre les sites de Doel et Tihange d'une part et le corporate d'Electrabel d'autre part, une ingénierie fragmentée entre les deux sites et le coporate, et la nécessité d'une "très forte mobilisation" des équipes passant par un haut niveau d'exigence et des enjeux de formation continue sans cesse plus élevés.
Isabelle Kocher a répondu positivement à la demande des parlementaires d'installer avec eux un "dialogue structurel". Les députés de la commission ont salué un effort de transparence attendu de longue date.
Du côté de l'opposition, on attend cependant de voir les actes avant de juger. Le chef de groupe Ecolo-Groen Jean-Marc Nollet s'est notamment inquiété des engagements futurs d'Engie en Belgique alors que le groupe a développé une politique de maîtrise des coûts et que d'aucuns croient voir dans le projet Bianca de l'entreprise la volonté de faire d'Electrabel une "bad bank" après y avoir tiré tous les profits.
"J'ai été jusqu'à dire que pour restaurer la confiance, s'il s'avérait nécessaire d'accueillir des partenaires autour d'Electrabel nous étions prêts à le faire et je le redis aujourd'hui", a répondu Isabelle Kocher évoquant la Belgique comme un territoire avec un "espace de développement très important".
La Belgique devra opérer sa transition énergétique comme tous les pays du monde, a-t-elle noté, rappelant qu'Engie était également engagée dans le renouvelable à travers des projets en cours et à venir.
Le gouvernement fédéral a décidé d'entamer avec les Régions un travail sur un pacte énergétique qu'Electrabel appelle de ses voeux. "On voit le rôle stratégique des deux centrales nucléaires (prolongées) dans un contexte de froid avec des tensions qui s'expriment sur la capacité à alimenter la consommation d'énergie", a observé la présidente du CA. "Nous sommes là face à un actif stratégique. Le destin à long terme de cet actif stratégique doit être pris en compte maintenant", a-t-elle jugé.
