Tueurs du Brabant: Le géant identifié?
- Publié le 21-10-2017 à 07h07
- Mis à jour le 21-10-2017 à 08h32

Décédé, un ancien gendarme de la Brigade Diane, l'ex-unité d'élite de l'ex-gendarmerie. Des établissements d'Alost et Termonde ont reçu ces jours derniers la visite d'enquêteurs en charge du dossier des tueries du Brabant. Pour rappel, les tueries, entre 1982 et 1985, ont fait 28 tués, et le mystère est entier 35 ans après leurs débuts. Les enquêteurs ont présenté des photographies d'un ancien gendarme décédé il y a deux ans. Ce gendarme, selon nos diverses sources, est au centre d'une enquête prometteuse, sans doute la plus porteuse d'espoirs depuis des lustres.
Ce gendarme a appartenu au Groupe Diane à la fin des années 1970 et au début des 1980. Mis sur pied après les attentats aux JO de Munich, le groupe Diane a formé à la gendarmerie ce qui allait s'appeler Escadron spécial d'intervention (ESI) et actuellement DSU (Unité spéciale) de la police fédérale.
À ses débuts, Diane (nommé ainsi au départ du prénom de la femme du patron, soit avec "i") était loin d'être professionnalisé et surtout encadré comme actuellement. Il a fallu écarter, virer plusieurs de ses membres comme Christian A. (largement cité dans le dossier, notamment sur des opérations contre des grandes surfaces), Martial Lekeu (qui, de peur, a fui avec femme et enfants aux États- Unis et nous a fait ses fameuses déclarations en 1989). Christian A., Lekeu et… notre gendarme dont la photo est montrée dans les cafés d'Alost, lieu de la dernière tuerie (8 morts).
Selon nos sources, il y aurait eu en outre des réunions entre les membres de la bande dans un café fréquenté à l'époque par l'extrème droite à Erembodegem (Alost). Peut-être est-ce là que les tueurs avaient élaboré leurs plans...
Pourquoi maintenant ? Des témoins dignes de confiance ayant requis l'anonymat le plus strict ont pris contact avec les enquêteurs de Charleroi. Ces témoins déclarent qu'avant de mourir, ce gendarme a fait des révélations l'impliquant dans les tueries du Brabant. Les enquêteurs n'ont aucune raison de douter de la sincérité du témoignage. Des éléments précis poussent au contraire à les juger totalement cohérents et fiables.
Des photos de cet ancien du Groupe Diane ont été soumises à des témoins, notamment d'épisodes de repérages et reconnaissance de lieux avant des attaques de Delhaize. À ce stade, le résultat est positif.

Les photos semblent réellement correspondre à certains portraits-robots.
Après autant d'années, l'exercice est certes périlleux. Des vérifications d'emploi du temps lors des derniers faits ont été effectuées. Là aussi, résultats positifs. Ainsi, l'ancien du Groupe Diane a été déclaré en incapacité de travail à la fin du mois de septembre ou au début du mois d'octobre 1985, après les tueries de Braine l'Alleud et Overijse. Motif ? Blessure au pied. Or, à la tuerie d'Alost, le Géant des tueries boitait, selon les témoins directs.
Ajoutons que dimanche passé, l'avocat Jef Vermassen faisait des déclarations mettant en cause d'anciens du groupe Diane. Me Vermassen a pris contact avec les enquêteurs. Son témoignage est attendu.
La haute taille du fameux gendarme correspond à celle du Géant maintes fois décrites lors des tueries.
Les recherches sont rendues plus compliquées par le décès de l'intéressé. Mais certains examens ADN indirects sont encore possibles.
Enfin, ce gendarme qui intéresse tellement, et pour cause, a été mis à la porte de la brigade Diane "un peu avant" le début des tueries.
Sa veuve a été interrogée à trois reprises.
Contacté hier en fin d'après-midi, le procureur général Christian De Valkeneer a pu nous indiquer : "La piste Diane fait partie des pistes sur lesquelles nous travaillons. Pour le reste, pas de commentaire, à ce stade".