Chaque jour, 10 enfants blessés dans un accident de la route: à quel âge peuvent-ils se rendre seuls à l'école?
L'âge critique se situe entre 11 et 14 ans. L'Institut Vias appelle à la vigilance à une semaine de la rentrée des classes

- Publié le 27-08-2018 à 06h53
- Mis à jour le 27-08-2018 à 22h12
L'âge critique se situe entre 11 et 14 ans. L'Institut Vias appelle à la vigilance à une semaine de la rentrée des classes Une seconde peut suffire pour que survienne l'irréparable. Personne ne souhaite ces drames. Ils arrivent pourtant avec une désespérante fréquence. Chaque accident de la route avec blessé est une catastrophe : c'est encore davantage le cas lorsque la victime est un enfant.
En 2017, 14 enfants de moins de 15 ans ont trouvé la mort dans un accident de la circulation.
"Et 3.602 ont été blessés dans un accident de la route l'an dernier , constate Benoît Godart, porte-parole de l'Institut Vias. Chaque jour, on compte encore dix accidents dans lesquels un enfant est blessé ."
Cela ressort du dossier thématique sur les enfants et la sécurité routière que l'Institut Vias a transmis à La DH, dans l'optique de la rentrée des classes.
La tendance n'est cependant pas à la hausse, bien au contraire. Il y a dix ans, 36 enfants perdaient la vie en une année. Au début des années 90, ce funeste nombre s'élevait même à 90 ! Pour 15 en 2007, et 14, donc en 2017.
La part des enfants dans le nombre total de tués sur la route a aussi régressé, passant de plus de 5 % au début des années 90 à 2 % aujourd'hui.
Autre élément d'attention : près de la moitié des victimes de moins de 15 ans sont des cyclistes (24 %) ou des piétons (23 %).
Des chiffres que les usagers de la route auraient intérêt à conserver dans leur esprit, au moment de prendre la route, et de croiser des enfants sur le chemin de l'école.
L'Institut Vias constate par ailleurs que le nombre de victimes commence à augmenter considérablement à partir de l'âge de 11 ans. C'est à 14 ans qu'il se révèle le plus élevé. "C'est typiquement un âge auquel beaucoup d'enfants se rendent à l'école en toute autonomie , analyse Benoît Godart. Il est par conséquent primordial de bien les préparer à faire le grand saut."
Les garçons sont plus souvent impliqués dans un accident que les filles. Cette différence est cependant plus prononcée à partir de l'âge de 10 ans et s'accentue encore par la suite.
" Un pic d'accidents est remarqué après les heures de cours et le mercredi midi , reprend le porte-parole de Vias. Les grands pics d'accidents se situent généralement les jours de semaine entre 16 heures et 17 heures et le mercredi à midi, soit à la fin des cours."
La nuit, et surtout les nuits de week-end, la part de victimes de la route chez les enfants est beaucoup plus faible que pour les autres victimes.
59 % des accidents dans lesquels un enfant est impliqué se produisent en agglomération. C'est plus que pour l'ensemble des usagers tous âges confondus. " Notre message aux gestionnaires de voiries, c'est donc de ne pas hésiter à élargir ces zones 30 autour des écoles ", conclut le porte-parole de Vias.
Car la plupart des accidents qui se produisent sur le trajet de l'école surviennent dans un rayon de 300 mètres à peine en dehors de la zone 30 autour de l'école. Signe de l'importance de sécuriser les abords des établissements scolaires. Car les zones 30 sont visiblement efficaces.
À quel âge peut-il se rendre seul à l'école ?
"Ne surestimez pas votre enfant", prévient l'Institut Vias, qui estime qu'avant 8-9 ans les enfants sont trop jeunes
Beaucoup d'enfants se rendent seuls à l'école, à pied, en voiture, en bus, en train… Mais à partir de quel âge est-ce indiqué ? Une question que se posent de nombreux parents, sans obtenir de réponse évidente.
" Nous voulons faire passer un message : ne surestimez pas votre enfant ! prévient Benoît Godart. Des parents envoient leur enfant de 7-8 ans seul sur le trajet de l'école. C'est trop tôt ! Et même à 10-11 ans, l'enfant doit être bien préparé, surtout à vélo. Sauf, évidemment, si les parents l'accompagnent. Il faut se rappeler qu'un enfant n'est pas un adulte miniature. Il a souvent du mal à appréhender les dangers. La rue n'est pas un terrain de jeux, alors que l'enfant a tendance à la voir comme cela. Il éprouve par ailleurs souvent des difficultés à évaluer la vitesse. Pour eux, ce qui est petit est loin, ce qui est grand est proche. Une voiture qui roule à très vive allure peut donc représenter un danger important. Dans la circulation, au moment de traverser, on constate également que les enfants ne traversent pas toujours au bon endroi t."
Comment et quand décider dès lors de laisser sa de s cendance prendre seule le chemin de l'école ? La décision doit dépendre d'une multitude de facteurs tels que l'environnement routier, le trafic (rare ou dense, lent ou rapide…), la maturité de l'enfant, son expérience de la rue, le temps qu'il fait…
" Des études ont néanmoins montré qu'avant 8-9 ans les enfants ne sont pas capables de faire face à toutes les situations de circulation", reprend le porte-parole de Vias. "Les premiers trajets doivent par ailleurs avoir été parcourus et 'étudiés' ensemble au préalable ."
Il est clair que les parents jouent un rôle de premier plan dans la sécurité routière de leurs enfants. En raison de l'autonomie restreinte de leurs têtes blondes, ce sont notamment eux qui déterminent le mode de transport de leur progéniture.
Enfants et écoles : ce que changera le nouveau code de la route
Certaines rues scolaires pourront être fermées aux autos aux heures de pointe.
Le nouveau code de la route entre dans sa phase finale. Il devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2021, soit dans un peu plus de deux ans.
Plusieurs nouveautés concernent les enfants et les écoles.
1 Les enfants à vélo.
L'âge limite pour rouler à vélo sur le trottoir sera fixé à 10 ans dans le nouveau code. Il est aujourd'hui fixé à 9 ans.
2 Siège pour enfants à vélo.
Il est désormais prévu que les enfants de moins de 3 ans transportés à vélo (autrement que dans une remorque ou sur un vélo-remorque) devront l'être dans un siège qui offre un minimum de protection : une ceinture destinée à retenir l'enfant, un repose-pieds et un dossier. Les enfants doivent en outre pouvoir se tenir assis contre le dossier sans l'aide de la ceinture.
3 Trottinettes et hoverboard.
En voiture, la dérogation au port de la vitesse maximum autorisée pour les trottinettes, sageway, hoverboard sera fixée à 25 km/h. Cela concerne l'ensemble des engins de déplacement motorisés. Le but : couvrir certains engins qui allaient plus vite que 18 km/h, créant une zone grise entre engin à 18km/h et cyclo moteur classe A (limité à 25 km/h). La ceinture octroyée en cas de marche arrière est supprimée.
4 Rues scolaires fermées aux autos.
Pour assurer la sécurité routière, les rues longeant les écoles pourront temporairement être fermées à la circulation des véhicules motorisés aux heures de pointe. Cela se pratique déjà dans certaines communes flamandes.