La ponctualité des trains a plongé en 2022
Les trains de l'heure de pointe du soir sont les plus en retard.
- Publié le 08-01-2023 à 19h20

Le millésime 2022 a sans doute laissé un goût amer aux navetteurs belges. Selon les données publiées par le gestionnaire ferroviaire Infrabel, la ponctualité est passée sous la barre des 90 % (89,2 %), faisant de l'année qui vient de s'écouler la plus mauvaise depuis 2018.
Cette moyenne annuelle cache en réalité de grandes disparités. Avec 84,8 % des trains comptabilisés comme ponctuels, le mois de décembre dernier fut le pire de l'année écoulée. Le mois d'avant, ce taux s'élevait à 85,3 %, et 85,2 % en octobre. À l'inverse, durant les deux mois des vacances d'été, Infrabel indique que presque 92 % des trains étaient à l'heure.
Pour rappel, un train est dit ponctuel lorsque son retard ne dépasse pas 5 minutes et 59 secondes.
La différence entre été et hiver s'observe chaque année mais, en 2022, les courbes furent globalement un cran en dessous des années précédentes. À titre d'exemple, en décembre 2021, 92,5 % des trains sont arrivés à l'heure. En 2019, c'était 90,6 %. Il faut remonter à juin 2018 pour retrouver une proportion plus faible. Ce mois-là, seuls 84,6 % des trains avaient été ponctuels.
Il ressort aussi des données d'Infrabel que les heures de pointe - où la circulation est la plus dense - sont les plus problématiques. Au cours des trois derniers mois de l'année, moins de 80 % des trains arrivaient à l'heure durant les heures de pointe du soir.

Des trains trop vieux
Un autre indicateur a connu une forte augmentation : celui des trains supprimés. Durant l'année 2022, quelque 44 079 ont été supprimés sur l'ensemble du réseau. Là encore, le mois de décembre dernier tient lieu de record, avec pas moins de 5665 trains supprimés.
Plusieurs facteurs viennent expliquer ces résultats plus que mitigés. Les entreprises ferroviaires identifient trois grandes catégories de responsables : Infrabel (pour les retards qui sont liés à des incidents sur l'infrastructure), la SNCB (pour ce qui concerne la circulation des trains), et les incidents attribués à des tiers (les intrusions sur les voies, les vols de câbles, les heurts de personne, la météo).
40 % des retards sont ainsi attribués à des tiers. La tempête Eunice qui a balayé la Belgique en février dernier a par exemple provoqué 24 311 minutes de retard sur l'ensemble du réseau. Les incidents attribués à la SNCB sont, eux, en hausse. Ils représentent 34,8 % du total, contre 29,9 % en 2020. "Nous constatons que les pannes sont en augmentation, et nous analysons la situation pour trouver une solution structurelle au plus vite. Notre matériel est vieillissant et nous faisons face à un retard de la livraison de notre nouveau matériel roulant.", explique la porte-parole de la SNCB, qui reconnaît que la situation fut compliquée pour les voyageurs. Il faut ajouter à cela des problèmes de personnel. Une annulation de trains sur sept était liée à un problème de personnel, indiquait récemment la SNCB dans le journal De Tijd.
Inverser la vapeur
Le problème du matériel vieillissant vient aussi expliquer une partie des retards imputés à Infrabel. 20,2 % des retards étaient attribués à l'opérateur ferroviaire en 2022 (contre 23,2 % l'année d'avant). Ces retards concernent trois problématiques principales : des problèmes de signalisation, les chantiers et les caténaires. "Les soucis de signalisation devraient se résorber avec la suite de l'implémentation du système de contrôle de vitesse ETCS. Nous travaillons aussi aux renouvellements des caténaires", indique Infrabel. Aujourd'hui, quelque 19 % des caténaires ont dépassé les 60 ans d'âge.
Cette tendance à la baisse devra vite être jugulée si la SNCB entend respecter l'engagement de 91 % repris dans le contrat de service public conclu il y a deux semaines.