Le nombre de cellules commerciales vides atteint des records dans les centres-villes wallons
Un constat dressé par l'Association du Management du Centre-Ville (AMCV), qui a dévoilé ce jeudi son baromètre annuel.

- Publié le 23-10-2025 à 19h40

Le nombre de commerce vide en Wallonie n'a jamais été aussi élevé. Les chiffres annoncés ce jeudi par l'AMCV, même s'ils montrent une certaine stabilité malgré la chute du commerce de détail, sont peu encourageants. 21,3% de cellules commerciales wallonnes sont vides, contre 20,9% l'année dernière.
En 2010, ce taux était de 12,6%. Ces quinze dernières années, la chute de l'attractivité a été linéaire à l'exception d'un "pause" pendnat les années covid. L'évolution de l'ensemble des commerces de la "spécialisation shopping" (équipement de la personne, de la maison) a chuté de près de dix points en dix ans, passant de 30,2% en 2015 à 21,8% en 2025.
Les raisons avancées sont, notamment, la concurrence des zonings commerciaux périphériques, la faillite de certaines enseignes, la concurrence du commerce en ligne, ou encore la saturation de l'offre sur le territoire wallon. Le nombre de mètres carrés commerciaux par habitant en Wallonie (1,88 m²) est supérieur au niveau belge (1,67 m²), qui est lui-même supérieur à la moyenne européenne (1,2 m²).
Signaux positifs
Malgré ce constat, quelques signaux positifs sont toutefois entrevus. Notamment, une stabilisation dans certaines villes qui se réorientent davantage vers le secteur horeca, avec des cafés, des restaurants, des fast-foods ou d'autres offres relatives au secteur des loisirs. Le taux d'évolution de cette spécialisation, en augmentation constante dans les centres-villes, est passé de 23% en 2015, 26,9% en 2024 à 27,3% en 2025.
Même constat pour les commerces "de proximité" (alimentation, hygiène-beauté-santé, services) avec un taux d'occupation qui augmente sans cesse depuis 2015. Il s'élève désormais à 43,4% contre un peu moins de 40% il y a dix ans.
Dans les grandes villes wallonnes, Namur se trouve en dernière position en termes de taux de cellules vides dans la principale rue commerçante avec 12,3% en 2025. Viennent ensuite Arlon, qui a perdu la moitié de son taux d'occupation en l'espace de dix ans. Charleroi occupe la troisième place du classement avec 23,5%
Le trio de tête est composé de La Louvière (29%), Verviers (31,3%) et Liège (32,8%). Le rapport de l'AMCV montre, par ailleurs, que Jodoigne arrive en tête des "bons élèves" après une perte de 6,4% de son taux de cellules vides entre 2024 et 2025. Le rapport pointe également d'autre bons élèves, comme Nivelles, Ciney, Mons ou encore Braine-L'Alleud qui ont vu leur taux de cellules vide reculer d'environ 3% par rapport à l'année dernière."Il y a un véritable changement de paradigme dans l'approche des centres-villes en tant qu'objet politique", a précisé Jean-Luc Calonger, président de l'AMCV, évoquant l'évolution sensible chez les responsables communaux. "Le travail se fait sur l'attractivité urbaine et plus sur 'il nous faut des nouveaux commerces pour remplir les cellules vides'."