Au cœur de la discussion budgétaire, une hausse de la TVA neutralisée dans le mécanisme d'indexation des salaires
L'idée qui circule, c'est de relever le taux de TVA standard de 21 à 22 % sans répercuter cette hausse sur les salaires et les allocations sociales.


- Publié le 24-10-2025 à 06h33

Bart De Wever avait proposé d'unifier à 9 % les taux réduits de TVA. Mais son idée a été recalée par les partenaires de la N-VA parce qu'elle revenait à rendre plus chers des produits de première nécessité comme le pain, les légumes ou les œufs, aujourd'hui frappés d'une TVA à 6 %. Elle aurait aussi alourdi le coût d'une rénovation de logements privés, elle aussi assortie d'un taux à 6 %. Ce qui aurait pu ralentir le rythme de modernisation du parc immobilier et faire mal au secteur de la construction.
À la place, une hausse de 21 % à 22 % du taux standard de TVA est bel et bien toujours sur la table. Si elle devait être retenue par le gouvernement fédéral dans l'accord budgétaire que ses principaux ministres sont en train de négocier, cette mesure devrait rapporter une belle somme au trésor public. Le taux standard s'applique en effet à la grande majorité des biens et des services produits en Belgique.
La compétitivité des entreprises
Mais elle pourrait aussi coûter aux entreprises et même à l'État. Comment ? Par la simple application de l'indexation automatique des salaires. Ce mécanisme, assez unique dans le monde, lie automatiquement l'augmentation du coût de la vie à la formation des salaires des travailleurs du secteur privé et des fonctionnaires ainsi qu'à l'évolution des allocations sociales. Cette indexation automatique des salaires permet de préserver le pouvoir d'achat des Belges. Il fragilise en contrepartie la compétitivité des entreprises exportatrices et les finances de la sécurité sociale.
Pour éviter cette dérive, les partenaires de l'Arizona discutent de la possibilité de neutraliser la hausse de la TVA dans le calcul de l'index. Ce ne serait pas une première. En 1994, le gouvernement belge, à l'époque diriger par Jean-Luc Dehaene (CVP) avait décidé de retirer du calcul de l'indice des prix à la consommation des produits réputés mauvais pour la santé – le tabac, l'alcool, l'essence et le diesel – tout en augmentant les accises et la TVA qui frappaient alors ces produits. L'objectif était de faire faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'État tout en encourageant une consommation plus saine. Aujourd'hui encore, c'est cet indice-santé qui sert de référence pour le calcul des indexations de salaires en Belgique.
