Formation fédérale : "Nous devrions essayer avec la N-VA, le CD&V, Les Engagés et le MR", affirme la présidente de Vooruit
La présidente de Vooruit, Melissa Depraetere, pense que son parti devrait "essayer" de former un gouvernement fédéral avec la N-VA, le CD&V, Les Engagés et le MR.

- Publié le 20-06-2024 à 10h26
- Mis à jour le 20-06-2024 à 10h42
C'est ce qu'elle déclare dans une interview accordée au Krant van West-Vlaanderen. Elle souligne toutefois que les différences entre les partis sont importantes et que Vooruit n'a pas l'intention de céder sur ses questions essentielles, à savoir le pouvoir d'achat et les soins de santé.
"Il y a peu de chances que Vooruit entre dans un gouvernement fédéral", a fait savoir la semaine dernière le leader et candidat de Vooruit, Conner Rousseau. Les socialistes ne voient pas l'intérêt d'entrer dans un gouvernement avec la N-VA, le CD&V, le MR et Les Engagés, pour l'instant la coalition fédérale la plus logique, car ces partis "veulent mener des politiques diamétralement opposées à celles de Vooruit". "Si c'est pour faire des économies sur les soins de santé, ils ne devraient même pas nous appeler", a-t-il ajouté.
CD&V et Les Engagés ont toutefois déjà indiqué qu'ils ne voulaient pas non plus réduire le budget de la santé publique. Ce dernier parti plaide même en faveur d'investissements supplémentaires substantiels et pousse à la création d'un axe avec Vooruit et CD&V. "Si trois partis disent la même chose en matière de santé, je pense qu'il faut l'entendre", a fait remarquer le chef de file Jean-Luc Crucke mercredi/hier.
Par ailleurs, Vooruit a donné mercredi/hier son autorisation pour entamer des négociations flamandes avec la N-VA et le CD&V. Le parti semble également prêt à agir au niveau fédéral. Dans le Krant van West-Vlaanderen, la présidente Melissa Depraetere a déclaré qu'il était concevable que son parti puisse entrer dans un gouvernement fédéral avec ses partenaires de coalition flamands, le MR et Les Engagés. "À condition que le contenu soit adéquat. S'agit-il d'une composition évidente ? Non. Les différences de fond entre ces partis sont assez importantes. Mais je pense que nous devrions essayer".
Le parti ne veut pas céder sur ses points essentiels, prévient encore Depraetere. "L'accent doit être mis sur le renforcement du pouvoir d'achat et nous n'allons pas réduire les soins de santé. Il faut que ce soit clair dès le départ", affirme-t-elle. "Nous allons proposer des priorités, comme nous l'avons fait dans Vivaldi. Peut-être que chaque parti devrait faire cela : mettre en avant quelques points et, pour le reste, se donner mutuellement quelque chose. C'est ainsi que l'on peut réussir, à mon avis".
"Pour le 16 rue de la Loi, je préfère tout le monde à Bouchez"
Melissa Depraetere ne pense pas que le PS, qui a perdu les élections en Belgique francophone et a décidé de se mettre dans l'opposition partout, réapparaîtra de toute façon sur la scène fédérale dans quelques mois. "J'ai parlé avec (le président, ndlr) Paul Magnette et il était raisonnablement convaincu de sa position. Le PS ne perd pas tant que ça en soi, mais il y a un choix clair de centre-droit en Wallonie. Il est courageux que le PS le reconnaisse. Mais cela ne nous facilite pas la tâche".
Enfin, la présidente de Vooruit préfère Bart De Wever, président de la N-VA, à Georges-Louis Bouchez, président du MR, pour la rue de la Loi 16 : "Je préfère tout le monde à Bouchez", dit-elle. "Bouchez a mis des bâtons dans les roues de Vivaldi pendant quatre ans. Je ne l'ai pas oublié. Le week-end dernier, Depraetere avait déjà qualifié le président du MR de "totalement indigne de confiance" dans une interview accordée à De Tijd.
