Les garderies stressent les écoles en Flandre: qu'en est-il du côté francophone?
D'après le directeur général de l'enseignement catholique flamand, Lieven Boeve, 30 à 40% des parents auront besoin de confier leurs enfants aux garderies dans le mois qui vient.

- Publié le 05-05-2020 à 19h13
- Mis à jour le 05-05-2020 à 19h41

Les entreprises doivent-elles envisager l'accueil des élèves? Pas côté francophone.
D'après le directeur général de l'enseignement catholique flamand, Lieven Boeve, 30 à 40% des parents auront besoin de confier leurs enfants aux garderies dans le mois qui vient.
"Les écoles tirent la sonnette d'alarme", a-t-il déclaré mardi matin. "Elles ne pourront pas assurer à la fois ces garderies et les retours au cours des classes prioritaires." Et de faire appel aux entreprises pour participer à l'accueil des enfants ne pouvant être pris en charge par leurs parents qui doivent travailler et dont les cours ne reprennent pas.
Si le scénario de reprise avait été le même, peut-être les écoles francophones lanceraient-elles déjà le même SOS. Mais tel n'est pas le cas. "La rentrée francophone sera prudente et progressive", rappelle Dominique Luperto du CECP (enseignement des villes et communes). "On verra pendant la semaine du 18 mai dans quelle mesure, en fonction des locaux disponibles et dans le respect de toutes les mesures de précaution, tous les élèves qui annoncent leur présence pourront être accueillis. On s'attend déjà à une évolution des présences en garderie, oui, mais de quel ordre? On y verra plus clair à ce moment-là. Et on n'accueillera des classes supplémentaires que si l'évaluation de la première semaine le permet."
Rappelons le calendrier. Dans l'enseignement primaire, côté flamand, les classes de 1e et 2e (à raison de 4 jours/semaine) ainsi que les 6e (2 jours/semaine) sont attendues dès le 15 mai. Côté francophone, seules les classes de 6e (maximum deux jours/semaine) seront accueillies à partir du 18 mai. Dans une deuxième phase, le 25, les 1e et, si possible, les 2e pourraient suivre si tout se passe bien (maximum 1 jour/semaine). La fenêtre d'adaptation possible en fonction de la place que prendront les garderies dans les établissements est plus grande.
"Si je dois accueillir 80% de mes élèves, dans les classes ou en garderie, la deuxième phase sera impossible", confirme Stéphane Vreux du Collège fondamental du Biéreaux (LLN). Mais pour l'instant, la priorité c'est le 18. Il n'y a pas encore assez de retours de la part des parents pour évaluer la suite. Ce qui n'inquiète pas François Hannotte du Collège Saint-François-Xavier 1 (Verviers), plongé dans l'organisation des retours sous haute sécurité. "Ici, un bâtiment complet servira aux garderies et un autre aux classes." Priorité: la santé.
A Saint-Benoit-Saint-Servais (Liège), Alain Astgen a quand même commencé à sonder les parents. "Des 15% qui ont répondu, 40% envisagent la garderie au moins trois jours par semaine. Si cette proportion se maintient quand tout le monde aura répondu, notre capacité d'accueil sera dépassée. J'espère que ceux qui comptent sur la garderie ont répondu plus vite que les autres. Je ne panique pas. On avance pas à pas."
Nulle part, en tout cas, on ne semble penser aux entreprises à ce stade. "Je ne suis pas sûr qu'improviser des garderies en entreprises soit une bonne solution", estime Conrad van de Werve au Segec (Secrétariat de l'enseignement catholique). "Il faudrait rencontrer de telles exigences sanitaires. D'autant que le monde de l'entreprise contribue déjà à l'effort en organisant le télétravail et en faisant preuve de souplesse."
