La fusion UCLouvain-Saint-Louis annoncée pour 2023

À quelles conditions ? Des balises pour garantir la position de l'ULB et la révision de la loi de financement des universités.

La fusion UCLouvain-Saint-Louis annoncée pour 2023
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C'était déjà l'un des dossiers chauds de la législature précédente. Il y a presque cinq ans que les conseils d'administration de l'UCLouvain et Saint-Louis-Bruxelles ont entériné leur projet de fusion. C'était le 18 mai 2017. Depuis, plusieurs tentatives pour en formaliser le cadre légal ont échoué : d'abord un projet de décret du gouvernement précédent PS-CDH en décembre 2018, puis une proposition de décret du MR en avril 2019, juste avant les élections. Il aura donc fallu presque 3 ans pour que l'actuelle majorité MR-PS-Écolo arrive à s'accorder.

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles vient d'adopter, en première lecture, l'avant-projet de décret qui doit permettre ce rapprochement. "Plusieurs étapes doivent encore être réalisées avant que le texte soit voté au Parlement", précise Vincent Blondel, le recteur de l'UCLouvain, dans un message envoyé en interne. "Cette approbation par le gouvernement constitue néanmoins une étape importante." Mais à quel prix ?

"Plusieurs éléments visant un équilibre global"

"L'avant-projet de décret comprend plusieurs éléments visant à assurer un équilibre global", nous explique-t-on au cabinet de la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Glatigny (MR). Il prévoit l'organisation de quatre masters de spécialisation à Bruxelles, en codiplomation entre l'institution fusionnée et l'ULB. De quoi préserver la place de cette dernière.

"Le texte instaure aussi un moratoire de 5 ans sur les nouvelles demandes d'habilitations de l'institution fusionnée à Bruxelles, à compter de l'entrée en vigueur du décret", ajoute encore le cabinet. "Ce moratoire vise les domaines d'études dans lesquels Saint-Louis-Bruxelles dispose aujourd'hui d'une habilitation et l'UCLouvain non, à l'exception de nouvelles habilitations liées à des modifications du cadre légal (en lien, par exemple, avec la réforme de la formation initiale des enseignants)."

L'objectif est une entrée en vigueur à la rentrée 2023. "Nous nous réjouissons de cette évolution et continuerons à faire preuve de vigilance pour que la fusion aboutisse dans les meilleures conditions", écrit encore Vincent Blondel dans sa note interne.

"Un travail concomitant"

Dans le communiqué du gouvernement, on voit en effet que la fusion fait partie d'un ensemble plus large de réformes. "Il s'agit d'un travail concomitant", confirme le cabinet Glatigny. Et ce ne sont pas des petits dossiers ! Dans le cadre du refinancement du supérieur, le gouvernement se fixe 3 objectifs : renforcer la qualité et l'accessibilité de l'enseignement, mieux utiliser les moyens publics et réduire certains effets négatifs de la concurrence entre établissements. Ainsi, la loi de financement des universités va être revue. Le gouvernement prévoit notamment de travailler sur la clé bâtiments et sur les habilitations existantes. Ce qui ressemble très fort à du donnant-donnant dont on ne mesurera l'importance exacte qu'une fois ces chantiers achevés.

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