"Je ne suis vraiment pas convaincue de l'intérêt de cette réforme": 2900 familles bruxelloises vivent le "casse-tête" d'une double rentrée
Des chiffres publiés ce lundi par l'institut bruxellois de statistique et d'analyse (IBSA).

- Publié le 25-08-2025 à 20h27

L'effervescence est de retour les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, après six semaines d'interruption estivale. Un climat qui contraste avec celui des écoles néerlandophones qui sont en vacances jusqu'au 1er septembre.
À Bruxelles, certaines familles vivent donc une "double rentrée" : une dans l'enseignement francophone, l'autre dans l'enseignement néerlandophone. D'après les chiffres publiés ce lundi par l'institut bruxellois de statistique et d'analyse (IBSA), 2,5 % des ménages bruxellois seraient dans cette situation.
Manque de données
Au 1er janvier 2021, plus de 4800 ménages bruxellois avaient en effet choisi au moins deux systèmes d'enseignement différents pour leurs enfants. Parmi eux, 2897 avaient décidé de scolariser simultanément leurs enfants dans une école francophone et dans une école néerlandophone. "Ces données sont les dernières dont nous disposons sur le sujet, explique l'IBSA. Elles se basent sur le Census (Un recensement démographique réalisé par l'office belge de statistique Statbel, NdlR) réalisé tous les 10 ans. Il permet de savoir comment chaque ménage satisfait l'obligation scolaire".
Ce recensement est, pour l'instant, le seul qui permette de dégager le nombre de ménages qui vivent cette double rentrée. Impossible donc d'établir une tendance sur plusieurs années. Ces données illustrent donc la situation avant que ne soit mise en oeuvre la réforme des rythmes scolaires, une réforme qui réduit de deux semaines la durée de vacances d'été pour allonger celles de Carnaval et de la Toussaint. "Nous ne sommes pas en mesure de mettre à jour des données mais il est très probable que le nombre de ménages ayant un enfant dans chaque système scolaire en 2021 soit une sorte de maximum, explique-t-on du côté de l'IBSA. Nous pouvons imaginer que depuis la réforme, une partie des parents ont choisi d'inscrire leurs enfants dans des écoles ayant le même calendrier".
Un casse-tête pour certains parents
Pour de nombreuses familles bruxelloises, cette double rentrée peut s'apparenter à un casse-tête. Vanessa Huyberechts est maman de deux enfants, l'un dans l'enseignement secondaire francophone, l'autre dans l'enseignement secondaire néerlandophone. "Aujourd'hui mes enfants sont plus âgés, donc cela simplifie la situation : ma fille peut rester à la maison en attendant sa rentrée. Mais lorsqu'elle était plus jeune, c'était plus compliqué", explique cette maman de deux enfants. Trouver un stage pour la dernière semaine d'août, ce n'est pas simple". Malgré tout, aujourd'hui encore, cette double rentrée est loin d'être une situation idéale. "Je suis enseignante du côté francophone donc je fais aussi ma rentrée une semaine plus tôt. Ce n'est pas très gai pour ma fille qui reste seule à attendre", explique-t-elle.
Pour autant, aux yeux de Vanessa Huyberechts, le principal problème de cette différence de rythme scolaire n'est pas la rentrée décalée. "C'est très compliqué pour nous d'organiser des vacances en famille pendant les congés de Pâques, par exemple, étant donné que nos vacances ne tombent pas en même temps, déplore-t-elle. En tant qu'enseignante et en tant que parent, je ne suis vraiment pas convaincue de l'intérêt de cette réforme des rythmes scolaires".
Ce samedi dans La Libre, la ministre de l'enseignement Valérie Glatigny (MR), réaffirmait sa volonté de maintenir cette réforme. Côté flamand, il ne semble pas prévu de s'adapter au calendrier francophone. La situation actuelle devrait donc perdurer.
