Atteinte d'une leucémie, Lucia suit l'école à distance: "A l'annonce de la maladie, on pensait qu'elle allait arrêter les cours et doubler son année"
En raison de ses traitements, Lucia, 10 ans, combine l'école physique, à distance et à l'hôpital. Un moyen de poursuivre son apprentissage, tout en conservant ses liens sociaux avec ses camarades de classe.

- Publié le 13-03-2026 à 06h47
- Mis à jour le 13-03-2026 à 08h10

En ce lundi après-midi ensoleillé, Lucia a le sourire. La petite fille, âgée de 10 ans, rentre tout juste de l'école, où elle a récemment été autorisée à retourner. Les traitements contre sa leucémie, dont elle est atteinte depuis septembre 2025, l'empêchent régulièrement de se rendre en classe.
Pour poursuivre son parcours scolaire, Lucia peut compter depuis novembre sur ClassContact. "Dans ma classe, il y a une petite tablette avec un clavier pour m'écrire et une caméra au-dessus. Et moi, je peux voir la classe sur mon écran d'ordinateur", explique-t-elle. "Je peux couper le micro et la caméra quand je veux. Quand je vais à l'hôpital, j'utilise ClassContact. Et quand je ne vais pas à l'hôpital, je vais à l'école", résume la petite fille. "Ça dépend aussi de quand tu as une immunité trop faible", complète sa maman, Cynthia. Lorsqu'elle reçoit des chimiothérapies, Lucia est aussi parfois très fatiguée. Récemment, elle a d'ailleurs dû utiliser ClassContact quasiment tous les jours pendant presque trois semaines d'affilée.
Une véritable interaction
Grâce à son ordinateur, Lucia peut véritablement interagir avec sa classe, comme l'explique Cynthia. Si elle veut participer, il lui suffit de lever sa main virtuellement. "On voit alors une grande main apparaître au fond de la classe et la prof sait donc que Lucia a posé une question", s'amuse la maman. "Elle sait zoomer, bouger la caméra pour voir toute la classe. C'est marrant !"
"A l'annonce de la maladie, les parents sont tous perturbés. On ne réfléchit pas à l'école. On pensait qu'elle allait arrêter les cours et doubler son année"
Lors de ses séjours à l'hôpital universitaire de Louvain, Lucia reçoit des cours d'une professeure, Anne, à raison d'une heure par jour. Malgré son jeune âge, la petite fille combine donc courageusement l'école physique, à distance et à l'hôpital. C'est d'ailleurs Anne qui lui a fait découvrir ClassContact. "Nous, on n'y connaissait rien. À l'annonce de la maladie, les parents sont tous perturbés. On ne réfléchit pas à l'école", se remémore Cynthia. "On ne savait même pas qu'elle devait obligatoirement suivre l'école, on se demandait juste comment on allait gérer tout l'aspect hôpital. On pensait qu'elle allait arrêter les cours et doubler son année."
L'école à distance, pas toujours facile
Lucia reconnaît malgré tout qu'il n'est pas toujours aisé de suivre les cours à distance. "C'est difficile de devoir écrire sans être en classe, parce qu'à la maison je n'ai pas forcément tous les outils dont on a besoin. La prof ne peut pas non plus passer auprès de moi et je n'ai pas mes amis pour m'aider", regrette-t-elle.
Comme l'évoque Cynthia, ce fonctionnement doit être encore plus complexe pour un enfant qui n'est pas "bon" à l'école. Lucia, elle, a la chance de ne pas avoir de difficulté particulière et de ne pas être sujette au décrochage scolaire. "Elle arrive à suivre, mais au bout de 2-3 mois de suite sans aller à l'école, elle est perdue parce que les professeurs ont distribué plein de feuilles entre-temps. Elle doit alors refaire ses classeurs toute seule, ce qui est compliqué. Moi, je ne suis pas prof, donc je suis larguée…", admet Cynthia.
Une autre contrainte a aussi été difficile à gérer pour la petite fille. Sa professeure principale, qui était très impliquée dans l'intégration à distance de Lucia, est partie en arrêt maladie. Au début, certaines remplaçantes ne pensaient pas à allumer la caméra de la classe ou à créer un lien avec la maman de la fillette pour faciliter l'interaction. Depuis, une copine de Lucia a été désignée comme responsable de la caméra.
Le rythme scolaire de Lucia est aussi différent puisqu'elle ne suit que les cours "essentiels". Elle ne participe pas aux leçons de gymnastique ni aux ateliers pratiques, qui se déroulent en général à la bibliothèque, pas équipée de caméra. "À chaque fois, elle doit essayer de rattraper ce qu'elle n'a pas pu suivre avec la caméra. Ce sont les limites de l'école à la maison", constate sa maman.
Garder contact avec ses copains de classe
Au-delà de l'aspect purement scolaire, l'ordinateur lui permet aussi de garder contact avec les élèves de sa classe. "Elle adore voir les têtes de ses copains, sa classe et sa prof. Ce qui lui fait le plus plaisir, c'est de voir les autres", affirme Cynthia, faisant ainsi sourire sa fille, en signe d'approbation. "Ils sont tous tout excités à chaque fois. C'est chouette, ça lui donne toujours la banane !""Mais j'aime bien voir les gens de moi-même, pas juste les voir ou les entendre", confie tout de même Lucia.
À l'hôpital, la petite fille et sa famille avaient d'ailleurs été prévenues : Lucia doit vivre sa vie le plus normalement possible. "Dès qu'elle le peut, on oublie l'ordinateur et elle va à l'école physiquement pour prendre un plein de vie sociale. Après, on peut retourner derrière l'ordinateur", conclut la maman.