Dries Van Langenhove condamné, le président du Vlaams Belang dresse un parallèle douteux
Le président du Vlaams Belang, toujours derrière lui, a critiqué le jugement.

- Publié le 12-03-2024 à 21h10

C'est une lourde peine, qui, sous réserve d'être réformée par la cour d'appel, hypothéquera toute velléité de se relancer en politique. Le tribunal correctionnel de Gand a condamné mardi Dries Van Langenhove, la figure de proue de Schild en Vrienden et ancien parlementaire du Vlaams Belang, à un an de prison ferme et à 16 000 euros d'amende ainsi qu'à une déchéance de ses droits civils et politiques – dont celui de se présenter à une élection – de dix ans. Il s'est aussi vu infliger une peine de dix mois avec sursis pour détention d'arme, soit un Pepper Spray.
L''affaire avait été révélée en septembre 2019 par le magazine Pano de la VRT Télévision. Un journaliste s'était infiltré sur les groupes Facebook et sur la plate-forme de chat Discord de Schild en Vrienden, qui se présentait comme une organisation de droite décomplexée et nationaliste.
Les échanges sont racistes, misogynes, glorifient le nazisme et transpirent l'antisémitisme. Ils prennent généralement la forme de mèmes, à savoir des photos légendées, des gifs animés ou de courtes vidéos qui sont repris et déclinés en masse sur Internet. Il y en a des centaines. Citons à titre d'exemple, sous la légende : "Une Rolex pour juifs", une montre dont le cadran a été remplacé par les chiffres d'un compteur de gaz.
La diffusion de Pano provoque l'émoi. Dries Van Langenhove gagne en notoriété. En mai 2019, il est élu député, avec 40 000 voix, en tant qu'indépendant sur les listes du Vlaams Belang. Il renonce à son siège au printemps 2023, peu avant son renvoi, avec six autres membres, en correctionnelle, pour, principalement, infractions aux lois sur le racisme, à savoir l'incitation à la haine et/ou la violence. Plus gênant peut-être, il devait aussi répondre de négationnisme. Soit une prévention beaucoup plus dérangeante pour le Vlaams Belang qui a toujours veillé à ne pas être associé à l'antisémitisme.
Le président du Vlaams Belang, établissant un parallèle douteux, a dénoncé une "justice belge complètement pourrie".
Devant le tribunal, défiant, il avait refusé de se défendre. Son avocat, Me Hans Rieder, qui n'avait pas obtenu la récusation du président, avait dit qu'il réservait ses arguments pour la cour d'appel. Mardi, Dries Van Langenhove était à nouveau absent à l'énoncé de sa condamnation, contre laquelle son avocat a dit qu'il faisait appel.
"Un discours raciste, haineux, nazi"
Le tribunal a relevé qu'il est "l'initiateur, le fondateur, l'organisateur et le dirigeant de Schild en Vrienden". "Il a entraîné les autres prévenus dans son discours raciste, haineux, nazi et négationniste par lequel il montait les gens les uns contre les autres. Il a fait preuve d'une importante perte de la notion des normes et d'un mépris pour les valeurs et les droits fondamentaux."
Cinq des six autres prévenus, qui parlaient de "blagues" faites dans un cercle fermé, ont été condamnés à des peines plus légères. Le dernier, qui s'était amendé et reconnaissait sa faute, a bénéficié d'une suspension du prononcé.
Dries Van Langenhove est resté défiant, lançant une cagnotte pour "l'aider à payer son amende". Le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken a dénoncé, sur X (ex-Twitter) un procès politique. "La justice belge est complètement pourrie. Violer des enfants de 13 et 15 ans ? Un an de prison. Partager des mèmes déplaisants ? Un an ferme", a-t-il écrit.
