Des opérations policières contre le trafic de drogues d'un nouveau genre menées à Bruxelles ont permis une soixantaine d'interpellations
La Libre évoquait, jeudi, que des opérations policières d'un genre nouveau ont permis d'arrêter une soixantaine de suspects impliqués dans du narcotrafic entre Saint-Gilles, Porte de Hal et les Marolles. Le parquet précise qu'en outre, 500 gr de cannabis, 1 169 pacsons de cocaïne, 62 300 euros et 4 armes ont notamment été saisis.

- Publié le 02-05-2024 à 06h32
- Mis à jour le 02-05-2024 à 17h38

Depuis quelques mois, les règlements de compte entre trafiquants de stupéfiants sont devenus quasi quotidiens à Bruxelles. Les fusillades se multiplient, tantôt en vue d'intimider un concurrent dans ces juteux trafics, tantôt pour, purement et simplement, éliminer ceux qui pourraient occuper un terrain de vente déjà prisé.
Les autorités politiques, policières et judiciaires bruxelloises ont réagi, en multipliant les actions pour tenter d'éradiquer (ou au moins réduire) ce phénomène criminel. L'une des plus récentes actions a permis de situer les différents "hotspots", ces lieux stratégiques du narcotrafic dans la capitale. Le 28 mars, le Conseil régional de Sécurité de la Région bruxelloise (Cores) a ainsi défini quinze hotspots pour lesquels une attention particulière est apportée par les services de police bruxellois.
Mais ce n'est pas tout. La Libre a pu constater que d'autres actions policières sont actuellement menées en toute discrétion dans certains quartiers de la capitale sujets au deal et à la consommation. En ligne de mire : les connexions qui pourraient exister entre le quartier "La Querelle" dans les Marolles à Bruxelles, le square Jacques Franck et la place Bethléem, tous les deux situés à Saint-Gilles et les pourtours de la Porte de Hal, à cheval entre les deux communes.
Reconnaissance, observation puis interpellations
Ces lieux n'ont pas été ciblés par hasard. Ils concentrent, depuis quelques semaines, d'importants faits de violence entre dealeurs. Des consommateurs "en transit" – venant de quartiers "situés plutôt au sud de Bruxelles", nous glisse-t-on – auraient également été aperçus. Face à la colère des riverains qui refusent de voir leurs rues gagnées par la violence à cause du narcotrafic, des actions ciblées ont été mises en place.
On apprend ainsi à bonnes sources, qu'une "collaboration fructueuse" est née il y a près de quatre semaines, mêlant principalement le parquet de Bruxelles, la zone de police Bruxelles/Ixelles, la zone de police Bruxelles/Midi et les communes de Saint-Gilles et Bruxelles. Plusieurs policiers en civil arpentent ainsi les rues des quartiers cités pour une mission de reconnaissance d'abord, d'observation ensuite, et d'interpellation enfin. Il s'agirait de policiers issus de la brigade antistupéfiants.
Ces policiers, dans les visages sont inconnus dans le quartier, auraient ainsi réussi à se fondre dans la masse pour mener à bien leurs opérations. Et à en croire nos sources (bien informées de l'avancée de ces dossiers), le travail porte ses fruits puisque, outre une importante saisie de stupéfiants, d'armes à feu et d'argent en cash, une soixantaine de suspects impliqués dans la vente de stupéfiants auraient déjà été interpellés.
"Les riverains sont extrêmement contents des résultats, nous glisse-t-on. Là où, d'habitude, une présence policière accrue était mal perçue, on voit des policiers remerciés à qui on propose même de passer prendre un café à la maison. Cela démontre à la fois la lassitude des citoyens face à l'ampleur du narcotrafic. Et l'intérêt d'une mission policière ainsi organisée".
