82 trains sont supprimés chaque jour sur le réseau: "Le gouvernement doit réinvestir dans le rail"
Ils ne sont pas comptabilisés dans le calcul officiel de la ponctualité.

- Publié le 31-12-2019 à 07h13
- Mis à jour le 31-12-2019 à 07h14

Ils ne sont pas comptabilisés dans le calcul officiel de la ponctualité.
L'année 2019 se termine sur le rail aussi. Si le bilan de la ponctualité est positif, entre janvier et novembre, la ponctualité moyenne était de 90,3 %, contre 86,9 % sur la même période en 2018 (soit une nette amélioration : il faut remonter en 2015 pour avoir un taux similaire (90,7 %)), il n'en va pas de même pour les trains supprimés. Pour rappel, ils sont dans le viseur des navetteurs. Ces trains sont accusés de causer de nombreux retards mais ne sont toujours pas comptabilisés dans le calcul officiel de la ponctualité. "Il y a eu une légère hausse de la ponctualité mais on reste loin des attentes légitimes des voyageurs", estime Gianni Tabbone, porte-parole de l'ASBL navetteurs.be.
Car si ce calcul de la ponctualité ne colle pas toujours avec le ressenti des voyageurs, c'est aussi parce que la méthode de calcul omet un élément qui a son importance : le nombre de trains supprimés. "C'est un vrai problème. D'ailleurs, on remarque que de plus en plus de trains partiellement en retard sont supprimés. Les gens manquent ensuite leur correspondance et doivent parfois attendre plus d'une heure pour avoir un nouveau train. Ce n'est pas négligeable."

En 2019, 82 trains en moyenne ont été supprimés sur le réseau au cours des onze premiers mois, soit 10 % de plus qu'en 2018. Il faut remonter à 2016 pour trouver trace d'une année où ce taux était supérieur.
Pour déterminer si un train est à l'heure, c'est exclusivement son heure en fin de parcours qui est prise en compte, et c'est seulement après 6 minutes au-delà de l'horaire prévu que le retard est comptabilisé, alors que quelques minutes suffisent à faire rater une correspondance à un passager et donc allonger son temps de trajet. Cette méthode de calcul est décidée dans le cadre d'un contrat de gestion qui lie l'entreprise publique à l'État. Il y a donc une série d'obligations, de droits et de devoirs. Il a été décidé par l'État qu'un train en retard était un train qui a plus que cinq minutes et 59 secondes de retard. Cela peut sembler beaucoup mais il faut savoir que c'est dans la moyenne européenne.
Pour l'association des navetteurs, le manque d'investissement est le principal facteur. "On constate que pour plus de la moitié de ces suppressions, Infrabel et la SNCB sont impliquées. Les économies sur le rail réalisées à hauteur de quelques milliards se font donc ressentir. Il n'y a pas de surprise, même avec l'arrivée du nouveau matériel. Les problèmes liés à l'infrastructure sont nombreux. Que ce soit pour l'aiguillage, les caténaires ou autre, il faut donner les moyens de moderniser le réseau. Le gouvernement doit aller dans le sens d'un réinvestissement dans le rail, c'est la seule solution", préconise Tabbone.
Davantage d'offre sur le rail belge en 2020
Le conseil d'administration de la SNCB a peaufiné son plan de transport décembre 2020-2023. Et celui-ci va inclure une augmentation de l'offre de trains de 5 %.
Il s'agit d'une augmentation échelonnée et ciblée de l'offre qui tient compte des clients, ainsi que de la disponibilité et de la capacité de l'infrastructure, du matériel et du personnel.
L'augmentation ciblée de l'offre de plus de 5 % au cours de la période décembre 2017-2020, qui visait notamment à inciter les clients à voyager davantage durant les heures creuses et pendant le week-end, a permis de soutenir la croissance annuelle des voyageurs de 3,5 à 4 % depuis 2017. Cette amplification se fera en fonction de la disponibilité des infrastructures supplémentaires. Les chemins de fer citent entre autres l'opérationnabilité complète des troisième et quatrième voies entre Bruxelles et Denderleeuw, une nouvelle gare à Anderlecht, l'électrification de la ligne Mol-Hamont et une nouvelle gare multimodale à Fleurus.
Maintenant que le projet de plan a été approuvé par le CA, il va être transmis au SPF Mobilité et Transports. "La SNCB commandera ensuite les sillons au gestionnaire de l'infrastructure, Infrabel, au début du mois d'avril 2020. C'est au terme de ce processus que la SNCB informera en détail les voyageurs et toutes les parties concernées au sujet de ce nouveau plan de transport", indique l'entreprise ferroviaire. Cela donnera la possibilité de proposer de meilleures ou de nouvelles relations IC entre les villes, d'augmenter l'offre suburbaine et d'améliorer la desserte autour d'un certain nombre de villes de taille moyenne. Le nombre de trains tôt le matin et tard le soir est également en augmentation dans et autour d'une série de villes (augmentation de l'amplitude horaire).