Bruxelles, la plus grande zone 30 d'Europe
Pour faire respecter la mesure, 60 nouveaux radars répressifs seront installés d'ici 3 ans.

- Publié le 02-01-2021 à 07h33
- Mis à jour le 18-01-2021 à 14h56

Depuis ce vendredi 1er janvier, 85 % des artères situées sur le territoire régional bruxellois sont limitées à 30 km/h. Ce changement important sur le plan symbolique ne bouleversera pas fondamentalement la vie des automobilistes habitués aux routes bruxelloises puisque 60 % du territoire régional est déjà limité à 30 km/h, voire moins.
Ce qui importe surtout pour les autorités bruxelloises, c'est le changement de paradigme : rouler à 30 km/h pour tendre vers une ville apaisée pour ses habitants et usagers et sauver des vies. "Notre but est d'améliorer la sécurité routière, de sauver des vies. À 50 km/h il y a beaucoup plus de risques de tuer une piétonne qu'à 30 km/h, explique la ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen). Lors d'une conférence européenne à Stockholm, nous avons signé un accord qui nous engage à obtenir zéro mort et zéro blessé dû à des accidents de voiture en 2030."
La norme n'est donc plus le 50 km/h mais le 30 km/h. Raison pour laquelle vous ne verrez plus de panneaux 30 km/h en ville, d'ici fin mars, mais uniquement des panneaux 50, 70 et 90 km/h, les trois autres limitations de vitesse en vigueur dans la région-capitale.
Dans les quartiers dits apaisés ou zones de rencontres, la vitesse sera même limitée à 20 km/h. Ils seront indiqués par des panneaux spécifiques (carrés, fond bleu avec, entre autres, un enfant qui joue au ballon, un adulte qui marche, etc.). Cinq quartiers apaisés seront créés chaque année. L'objectif est d'éviter que le trafic de transit passe par ces quartiers.
En matière de signalétique, Bruxelles-Mobilité a fait installer des panneaux Ville 30 à toutes les entrées de la région bruxelloise. Dès ce mois de janvier, et jusqu'au mois de mars, l'institution régionale en charge de la mobilité fera retirer les 6 000 panneaux zone 30 encore en place.
Afin de s'assurer que la limitation de vitesse est respectée, les contrôles de police seront menés dès le 1er janvier. Bruxelles-Mobilité installera également 250 radars préventifs et 60 radars répressifs sur le territoire régional. Ce qui portera, d'ici quelques années, le nombre de radars répressifs à 150. Tandis que trois radars tronçons seront installés. "Le but n'est pas d'augmenter le nombre d'amendes, ni de flasher tout le monde, mais plutôt d'amener les usagers au respect spontané du 30 km/h, explique Bruxelles-Mobilité. La police effectuera des contrôles dès le 1er janvier 2021. Des sanctions seront prises, comme pour toute infraction au Code de la route."
Ce qu'espère encore le gouvernement bruxellois, c'est que cette Ville 30 influe sensiblement sur le nombre de véhicules en circulation. À Grenoble (France), une diminution importante du trafic motorisé a été observée entre 2016 et 2018 : -9 % de véhicules légers et -20 % de poids lourds. Aucune raison que Bruxelles ne constate pas le même résultat à terme.
