Tensions politiques autour du carrefour Léonard: Florence Reuter recadre le ministre Philippe Henry
Les perturbations au carrefour Léonard font grincer des dents. Les députés wallons tirent sur leur ministre de la Mobilité. Bruxelles et la Wallonie tirent sur la Flandre.

- Publié le 12-04-2024 à 10h06
- Mis à jour le 12-04-2024 à 10h57

Croisement de l'E411 et du Ring de Bruxelles, le carrefour Léonard et l'annonce des multiples chantiers font fulminer en Région bruxelloise et dans le BW. "Bordel Léonard", dénonce André Antoine (LE). "Il faut arrêter ce délire", urge l'échevin auderghemois Matthieu Pillois (Défi). "Déjà le boxon intégral", dénonce le député wallon Olivier Maroy (MR).
Petit récap. Ce titanesque carrefour comprenant plusieurs tunnels, qui se situe pour rappel en territoire flamand et dépend donc des autorités flamandes, doit être rénové. De chronophages travaux aux lourdes perturbations sur le trafic. Depuis le mois dernier, une bande est supprimée sur le Ring intérieur, générant d'interminables files.
Mais ce n'est pas tout. Au compte-gouttes, de jour en jour, des embarras supplémentaires sont annoncés. Ce début de semaine, on apprenait que, dès mardi, il sera impossible, en venant d'Herrmann-Debroux, de tourner sur le Ring vers Waterloo. Mais ce n'est pas fini : ce jeudi, on apprenait aussi qu'il sera, dès juin, impossible de tourner vers Herrmann-Debroux en venant du Ring depuis Waterloo. Des perturbations, qui vont durer jusqu'à l'automne et qui s'additionnent les unes aux autres. Faisant redouter à Bruxelles et dans le BW un chaos routier.

Mais outre ces perturbations sans précédents à venir, c'est l'attitude des autorités flamandes dans ce dossier qui fait fulminer aussi bien à droite qu'à gauche de l'échiquier politique francophone. Côté wallon et bruxellois sont dénoncés une absence de concertation et un manque cruel d'informations. "C'est infernal. On est mis devant le fait accompli. En Flandre, on se moque de Bruxelles", fustige Benoît Cerexhe (LE), bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre, commune impactée par le trafic de transit.
Côté gouvernemental, le ton monte de jour en jour. Vertement critiqué par des députés pour son manque de fermeté, le ministre wallon Philippe Henry (Ecolo) est sorti du bois ce jeudi et demande à la Flandre une suspension du chantier, ainsi que l'organisation en urgence d'une conférence interministérielle. "Ça, c'est un coup de pub", dénonce de son côté la députée-bourgmestre de Waterloo Florence Reuter (MR). "C'est en amont que la Région wallonne aurait dû agir, pas après coup", assène la Waterlootoise.
Pointée du doigt par ses homologues, la ministre flamande Lydia Peeters (Open VLD), imperturbable a annoncé ne pas vouloir faire marche arrière et conserver l'agenda des travaux. De quoi crisper les relations avec Bruxelles et sa périphérie. Ce vendredi, une réunion d'urgence est prévue. Mais côté francophone, maigres sont les attentes.