Un nouveau radar très spécial pourrait bientôt débarquer sur nos routes
En utilisant la technologie Lidar, ce radar, déjà actif en France, permet de sanctionner les automobilistes qui ne respectent pas les distances de sécurité.
- Publié le 05-08-2024 à 11h23
On l'a tous vécu : cet automobiliste rageux qui colle une voiture un peu trop lente à son goût sur la bande de gauche, parfois plein phares dans l'espoir de "dégager" l'automobiliste. Le tout à plus de 100 km/h… Ce comportement fait partie, avec l'absence du clignotant, l'usage du téléphone au volant et le centrisme, des attitudes les plus exaspérantes pour les automobilistes qui doivent le subir. Il est particulièrement problématique en matière de sécurité routière. Les autorités le savent mais sont bien souvent démunies face aux chauffards. À moins de les prendre en flagrant délit : les policiers ne peuvent que trop rarement dresser un procès-verbal.
Le talonnage, souvent précédé d'appels de phares rageurs, est considéré comme l'une des attitudes les plus dangereuses. Lors d'une étude menée en 2019 par l'Institut Vias, le talonnage était considéré comme agressif par 14 % des automobilistes.
Une arme vient toutefois de voir le jour contre les automobilistes adeptes de la pratique. Elle pourrait bien inspirer les quatre ministres de la Mobilité et de la Sécurité routière que compte notre pays : le radar "anti-talonnage".
La société Vitronic vient en effet de mettre au point un système baptisé Poliscan, qui utilise la technologie déjà présente dans les Lidars, ces imposants radars mobiles déjà installés le long des routes belges.
Cette technologie permet d'envoyer près de 15.000 impulsions lumineuses par secondes et, à l'instar de ce que fait un sonar avec des ondes radios, crée une image spatiale en temps réel d'une situation donnée. Ces ondes lumineuses permettent de déterminer avec une précision microscopique la vitesse des voitures, leur position et, a posteriori, les distances qui les séparent.
Après réception des données, un ordinateur peur rapidement définir si les deux véhicules sont suffisamment espacés. 50 mètres d'écart à 50 km/h, ça passe. Le même écart à 120 km/h (NdlR : le système fonctionne jusqu'à 320 km/h), ça casse et c'est l'amende assurée. D'autant plus que l'ordinateur peut enregistrer les données des véhicules en plusieurs endroits. Ce qui permettrait d'éviter qu'une personne soit verbalisée si un automobiliste plus rapide se rabat juste devant elle, au niveau du radar. "Les dispositifs de mesure Poliscan capturent bien plus d'excès de vitesse pour améliorer la sécurité routière, indiquent ses créateurs. Un seul dispositif de mesure peut surveiller plusieurs voies et jusqu'à deux directions de circulation simultanément."
En Belgique, la technologie n'est pas encore utilisée. Elle l'est bien en France dans les radars de type Mesta Fusion 2, que l'on rencontre sous forme de tourelles. En Belgique, seul le Mesta Fusion 1 est actif pour le moment. Et ne vérifie que les distances de sécurité entre camions. Pour les voitures, c'est plus compliqué. Le Code de la route ne précise en effet pas la distance mais indique que "le conducteur doit, compte tenu de sa vitesse, maintenir entre son véhicule et celui qui le précède une distance de sécurité suffisante".
Cette définition trop floue ne permet pas encore de déterminer avec précision une distance de sécurité trop courte. Il faudra donc changer la loi.
