Le gouvernement flamand rejoint le projet wallon de vignette routière
Contre toute attente, le nord du pays annonce vouloir à son tour faire payer les automobilistes qui empruntent le réseau routier flamand. Annick De Ridder (N-VA), ministre de la Mobilité, veut mettre cette mesure en place le plus rapidement possible.

- Publié le 01-10-2024 à 10h49
- Mis à jour le 01-10-2024 à 17h41

Depuis ce week-end, la Flandre possède un gouvernement, mais aussi un accord. Et, le texte comporte une surprise de taille : la ministre de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), déclare vouloir mettre en place une vignette routière, à l'instar de la proposition de son homologue wallon, François Desquesnes (Les Engagés). Cette décision reste assez inattendue. La Flandre a en effet toujours rechigné à instaurer cette mesure. En juillet, le CD&V rappelait d'ailleurs, dans les colonnes de La Libre, ne pas être "favorable à l'introduction d'une vignette automobile en Flandre". Vooruit ne semblait pas plus enclin à imposer un tel prélèvement.
Une version "améliorée"
Deux mois plus tard, la situation s'inverse donc. Dans son programme politique finalisé fin de la semaine passée, la coalition raket (surnom provenant d'une glace en forme de fusée aux couleurs des 3 partis qui la composent, NdlR) annonçait son intention de "développer un système numérique pour permettre aux véhicules étrangers qui ne sont pas soumis à la redevance kilométrique pour poids lourds de contribuer à l'utilisation des routes".
Les centristes justifient leur changement de direction en indiquant que la vignette nordiste constitue une alternative améliorée du projet wallon : "Il s'agit ici d'un système numérique visant à faire payer les véhicules étrangers. C'est une meilleure option". Vooruit abonde aussi en ce sens. "Elle sera entièrement digitale", assure le porte-parole du parti, Niels Pattyn. Les chrétiens-démocrates et les socialistes expliquent également que des concertations sont prévues avec le gouvernement wallon MR-Engagés.
Chez les azuréens, la décision est saluée. "Je ne peux que me réjouir de cette convergence de volonté entre la Flandre et la Wallonie. J'espère que dans les prochaines semaines, il y aura fumée blanche aussi à Bruxelles car l'idéal reste de dialoguer avec les trois régions en même temps", estime François Desquesnes.
Une priorité
De l'autre côté de la frontière linguistique, on souhaite passer à la vitesse supérieure. Ce mardi, l'Anversoise Annick De Ridder signalait d'ailleurs faire de ce dossier une priorité. L'équipe de Matthias Diependaele (N-VA) compte en effet utiliser, dès le milieu de la législature, les recettes de la vignette afin de renflouer ses caisses. Ce choix devrait rapporter environ 130 millions d'euros par an à partir de 2027 au nord du pays. "Les Flamands paient, les camions paient, c'est donc logique", a clamé la ministre fraîchement nommée dans De Ochtend (Radio 1). Mais tout comme pour la Région wallonne, cette vignette ne devrait pas rimer avec coûts supplémentaires pour les automobilistes flamands. "Nous veillons à ce qu'en pratique, cela ne signifie pas une augmentation des taux actuels pour la population", précise l'accord de gouvernement.
Le futur exécutif bruxellois doit donc maintenant accorder ses violons sur ce projet. Sans coopération des négociateurs avec les autres entités, les usagers de la capitale risqueraient d'être considérés comme des étrangers sur les routes belges. Or, les rouges francophones, indispensables à la formation d'une coalition, ont pour l'instant mis leur véto. "Les Bruxellois n'ont pas à être pénalisés parce qu'ils veulent visiter une région voisine !", avait protesté le bourgmestre faisant fonction d'Evere, Ridouane Chahid (PS).
Pourtant, si Bruxelles ne veut pas devenir une île coupée du monde, les formateurs devront se résoudre à suivre le même cap que leurs voisins.
