Bodycams, menottage plus rapide et barrières d'entrée : le tour de vis sécuritaire de l'Arizona dans les gares
De nouveaux éléments de la note "mobilité" du futur gouvernement fédéral fuitent. Les négociateurs prévoient de renforcer drastiquement les dispositifs de sécurité dans les stations de la SNCB.

- Publié le 28-01-2025 à 18h52
- Mis à jour le 29-01-2025 à 09h12

Vols, trafics de drogues, violences. La précédente législature fut émaillée par d'innombrables polémiques concernant l'insécurité sur le réseau de trains. Avec, comme point névralgique, la gare du Midi. Le chef de corps de la zone de police Bruxelles midi, Jurgen de Landsheer et le bourgmestre d'Anderlecht, Fabrice Cumps (PS), avaient d'ailleurs lancé une bouteille à la mer en avril 2023 à ce sujet dans nos colonnes. Rebelote l'été dernier. Le mayeur socialiste et son homologue de Saint-Gilles, Jean Spinette (PS), avaient pris leur plume afin d'interpeller la patronne de la SNCB, Sophie Dutordoir.
Ces multiples cris d'alerte ont-ils trouvé un écho jusqu'à la table des négociations, où le formateur Bart De Wever (N-VA) s'engage dans l'ultime ligne droite en vue de former un gouvernement fédéral ? Il semble bien. La Libre a pu se procurer plusieurs éléments "mobilité" actuellement en discussion… et la solution aux problèmes paraît claire : la vis sera drastiquement resserrée. Le futur "ministre de la Sécurité", en collaboration avec les autorités locales, se chargera d'élaborer un "plan d'action pour évaluer et combattre la criminalité, les délits et le sans-abrisme dans et autour des gares", peut-on lire.
Une augmentation des moyens
Pour ce faire, la force de frappe de Securail – le service chargé de veiller à la sécurité des utilisateurs du rail – se verra décuplée. "Outre l'augmentation des effectifs de sécurité, nous préconisons une extension des compétences du personnel de Securail en permettant le menottage plus rapide des personnes récalcitrantes dans le respect de conditions strictes", indique le document de travail. Dans le même ordre d'idée, les agents de sécurité ferroviaire pourraient aussi se retrouver affublés de bodycam (ou caméra corporelle), si cette version de l'accord aboutit. Mais cela ne s'arrête pas là. Les partis en lice désirent encore que "ce dispositif soit également disponible pour les accompagnateurs de train qui le souhaitent sur les lignes comptabilisant le plus d'incidents". Un vœu qui demandera probablement une série d'ajustements légaux.
Rappelons que, sous la dernière mandature, Sophie Dutordoir (étiquetée CD&V), s'était positionnée en faveur du déploiement des caméras corporelles sur les employés de Securail. Son argument s'avérait simple : les travailleurs restent majoritairement agressés lors d'interactions directes avec les voyageurs. Côté chiffres, l'opérateur de transport a d'ailleurs recensé 2 298 agressions contre son personnel en 2023 (contre 1 900 en 2022). Soit plus de six cas par jour.
De la sévérité
Au-delà de ces moyens supplémentaires, l'Arizona vise à adopter un arsenal de mesures préventives. Parmi les propositions inscrites au cœur de la note, on retrouve ainsi "des contrôles de billets à l'intérieur des gares" et "la possibilité d'installer des barrières d'entrée dans les grandes gares". Ce système filtrant ciblera directement les sans-abri, nombreux à écumer les quais à la recherche d'un lieu couvert pour dormir.
Le prochain exécutif promet donc un renforcement de la répression en amont comme en aval. Le texte précise :"Toute personne causant des nuisances ou se livrant à des débordements sera traitée avec sévérité, avec des SAC (Sanctions administratives communales, NdlR) pouvant aller jusqu'à l'interdiction de pouvoir embarquer". Notons que cette volonté de fermeté (nécessitant de nouveaux investissements) devra se concilier avec les importantes réductions budgétaires prévues dans le chef de la SNCB.
