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Le ras-le-bol de la presse belge francophone

"Irresponsable!", "Assez", "SOS". Les éditos ne sont pas tendres avec les négociateurs, au lendemain de la (nouvelle) démission du formateur Elio Di Rupo face au blocage des discussions budgétaires.

Belga
Le ras-le-bol de la presse belge francophone
©UPP / Reporters

Voici une revue de presse des éditos de la presse francophone après la démission, lundi, du formateur Elio Di Rupo: "Lamentable !", titre l'Avenir dans son édito.

"Le scénario serait donc écrit, comme une lente dramaturgie, avec ses moments de tension silencieuse, ses quelques périodes d'apaisement et ses brusques irruptions de suspense. Sans trop savoir si la pièce que nous jouent les négociateurs fédéraux sera, au bout du compte, un grand succès public ou un lamentable navet", souligne l'Avenir.

L'Avenir dénonce le manque de responsabilité des dirigeants, les "intérêts partisans et particuliers" ou encore la "prise en otage du pays". "La responsabilité est collective. Et c'est aux six partis de la future coalition qu'il appartient de faire preuve de sang-froid. Immédiatement", conclut l'Avenir.

Pour les titres de Sud Presse, la nouvelle crise "est un luxe de riches". La conclusion des derniers événements des négociations n'est pas "une surprise". Sud Presse rappelle le clivage droite-gauche qui oppose la Flandre et la Wallonie et souligne que si on poursuit le mariage belge "c'est par raison, pas par amour". "Les négociateurs le disent eux-mêmes: on doit aboutir à un accord parce qu'on n'a pas le choix. Il y a plus enthousiaste, comme déclaration matrimoniale".

"Si on veut malgré tout chercher des raisons d'être optimistes, on dira que la majorité des négociateurs étaient prêts à boucler un accord. Reste à convaincre les libéraux que la raison doit l'emporter. Parce que cette crise politique n'est rien d'autre qu'un luxe de riches. La Belgique n'en a plus les moyens", conclut Sud Presse dans son édito.

Pour la Dernière Heure, la nouvelle crise est "irresponsable". Le quotidien estime que l'Open Vld "porte une fois encore une responsabilité écrasante dans ce nouvel épisode de la crise". Pour la DH, l'entêtement d'Alexander De Croo, président de l'Open Vld est "irresponsable". "En pleine crise mondiale et alors que l'Europe, désormais nous menace de lourdes sanctions, cela ne peut que précipiter une nouvelle fois un dangereux glissement du pays vers le chemin des pires aventures", ajoute la DH. Le quotidien en appelle au "sens de l'Etat" des dirigeants "dont ils se gargarisent sans arrêt".

Dans le Soir, un mot revient mardi matin: Assez ! "Assez de ce spectacle surréaliste d'hommes et de femmes politiques réglant leurs comptes sur des plateaux télévisés. Assez de cette politique qui passe du ring de boxe au reality-show. Assez de ces dramatisations à répétition comme seul moyen de communication. Assez !", lit-on dans Le Soir. L'urgence du budget "l'exercice de base du politicien lambda" inquiète Le Soir dans le contexte économique très difficile. "Nous allons arriver à une conclusion: la séparation s'impose. Car vous nous donnez désormais la preuve, que ce pays est brisé, incapable d'être gouverné ...".

"Le jeu dangereux des libéraux", titre l'Echo dans son éditorial. "Il n'existe aucune alternative à la coalition actuelle, sauf à imaginer que les partis flamands décident soudain d'oublier la réforme de l'Etat ou que les francophones acceptent, tout aussi soudainement de renégocier avec Bart De Wever", lit-on. L'Echo rappelle que les partis libéraux avaient annoncé leur intention de "batailler ferme" pour les questions socio-économiques.

"Logique: longtemps évincés des négociations, ils ont été appelés en désespoir de cause et étaient en position de chercher à rentabiliser leurs gestes. Encore faut-il dans ces conditions, savoir jusqu'où aller trop loin. Manifestement, ce lundi, ce n'était pas encore le cas de Charles Michel et Alexander De Croo".

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