Le "MR-bashing" du pilier socialiste
Au moins une certitude sur le gouvernement fédéral : le MR va souffrir. En cause: un tir à vue des PS, FGTB et Solidaris. Mais ce n'est pas de l'"Action commune". Pas encore.
- Publié le 21-10-2014 à 18h00
- Mis à jour le 22-10-2014 à 10h06

Au moins une certitude sur le gouvernement fédéral : le MR, pris dans un tir croisé entre le PS et la N-VA, va souffrir. D'un côté, Bart De Wever prend ostensiblement ses distances vis-à-vis de la condamnation de la collaboration par le Premier ministre, Charles Michel. De l'autre, le PS bombarde son adversaire libéral sur sa décision de gouverner avec les nationalistes flamands, sur le contenu de l'accord de majorité "suédoise". Mais ce "MR-bashing" est d'autant plus marqué que c'est tout le pilier socialiste qui s'y met tout d'un coup : le parti, le syndicat, les mutualités…
Campagne "virale" du PS
Par exemple, le boulevard de l'Empereur a donné mardi le coup d'envoi d'une campagne agressive sur le web et sur les réseaux sociaux : le PS a fait le "buzz" en diffusant des petites vidéos dénonçant notamment au travers de saynètes le saut d'index décidé par la nouvelle majorité. Le parti veut mobiliser l'opinion publique contre les mesures du "gouvernement MR-N-VA" qui ont un impact, selon le PS, sur le pouvoir d'achat, les soins de santé, la fonction publique, etc. Un site Internet a même été créé pour centraliser ces capsules vidéo (www.injuste.be). Cette campagne de marketing "viral" suit de près les attaques du PS contre "la régularisation fiscale caché e" du budget fédéral. Selon le PS, en effet, les sociétés qui ont dissimulé leurs bénéfices ou ont utilisé des travailleurs au noir pourront désormais bénéficier d'une régularisation.
Mardi également, le syndicat socialiste a décidé de s'en prendre au MR. Au bâtiment qui accueille le siège du parti, pour être exact (avenue de la Toison d'Or à Bruxelles). Deux cents membres de la FGTB Namur ont criblé la façade de verre du QG libéral de billes de paintball de couleur jaune. Plusieurs vitres ont même été brisées lors de cette action. Par cette "opération commando" (dixit Olivier Chastel, le président du parti), les syndicalistes protestaient contre les mesures de l'accord de gouvernement de la nouvelle coalition fédérale dont le PS est exclu.
Toujours du côté syndical, en quelques jours, on a vu plusieurs actions de grève sauvage à Charleroi et en région liégeoise de la part des cheminots de la SNCB (la CSC a pris ses distances vis-à-vis de son partenaire FGTB à ce sujet). Ces réactions épidermiques sont liées aux économies que la "suédoise" compte imposer à l'entreprise ferroviaire.
En réponse à ces grèves spontanées, la N-VA a immédiatement bondi sur l'occasion en réclamant la transformation en une loi d'un protocole d'accord interne à la SNCB qui prévoit la lutte contre les grèves sauvages et la limitation des désagréments pour les usagers du rail. Entre la N-VA qui dicte ses revendications et la CGSP-cheminot qui bloque le trafic, on trouve la ministre fédérale de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR)…
Enfin, lundi, c'était les mutualités socialistes qui s'en prenaient au gouvernement au sujet des conséquences pour la population de la baisse du budget de l'Inami en 2015 (hausse du ticket modérateur, raccourcissement du séjour en maternité après l'accouchement, etc.).
Action commune pour la manif
Attendez un peu… Le PS, la FGTB et les mutualités socialistes qui ouvrent le feu en même temps sur les libéraux et le gouvernement fédéral… Serait-on revenu au temps de l'Action commune ? En fait, non. Le parti, le syndicat et le pilier mutuelliste se parlent beaucoup plus qu'avant, c'est vrai. Mais le tir de barrage de ce début de semaine est un hasard de calendrier et non une volonté concertée d'agir ensemble. L'Action commune, c'est pour plus tard, nous dit-on à bonne source : "Quand l'Action commune socialiste se mettra vraiment en marche, on la verra… On a en perspective la manifestation nationale du 6 novembre prochain en front commun syndical."