Budget: le CD&V veut une taxe de 30% sur les plus-values

Le fédéral a poursuivises travaux budgétairestout le week-end… Avec difficulté. Les travaux budgétaires se sont interrompus vers 6h et devraient reprendre vers 11h.

Frédéric Chardon (avec Belga)
Budget: le CD&V veut une taxe de 30% sur les plus-values
©Photo News

Les travaux budgétaires du gouvernement fédéral se sont interrompus lundi vers 06h et devraient reprendre vers 11h, a-t-on appris. Les principaux ministres de l'équipe Michel étaient réunis au Lambermont, résidence de fonction du Premier ministre, depuis dimanche à 10h, pour trouver quelque 3 milliards d'euros afin de tenir le budget dans la ligne des engagements européens et engager une série de réformes. La discrétion reste toujours de mise sur l'état des discussions.

La "suédoise" tentait encore dimanche soir d'équilibrer ses budgets 2016 et 2017 mais c'était très pénible. Normal : il est toujours difficile de mettre d'accord les partenaires d'une majorité lorsqu'il faut ronger jusqu'à l'os les dépenses publiques et/ou lever de nouvelles taxes forcément impopulaires…

Pourtant, au Lambermont, les ministres et leurs conseillers ont bûché tout le week-end. Il ne manquait plus "que" trois milliards d'euros aux dernières nouvelles, sur les 4,2 milliards du dérapage initial. Mais les divergences idéologiques restaient fondamentales. "Le CD&V a vraiment posé problème depuis samedi , lâche une source de la coalition. Aucune marge de négociations possible avec eux en matière de soins de santé…"

En effet, si les démocrates-chrétiens flamands, emmenés par leur vice-Premier ministre Kris Peeters, ont ainsi fait de la résistance, c'est parce que les dépenses en sécurité sociale, et surtout en matière de santé publique, étaient dans le collimateur. "Il est possible que nous fassions beaucoup d'économies dans les soins de santé, même si tout le monde va 'prendre'…" , confiait une autre source. La ministre de la Santé, Maggie De Block (Open VLD), l'a d'ailleurs reconnu elle-même en soulignant que "ce n'était pas possible autrement" .

Entre autres, il y a deux semaines, "La Libre" avait révélé que le gouvernement Michel pensait réduire le remboursement de certains médicaments afin de limiter ses dépenses. Des négociations du week-end, il semble que l'on se dirigeait bien dans cette voie. "Mais la liste des produits concernés est de plus en plus petite" , ironise un informateur. Rien de radical en vue, donc.

Taxe sur les plus-values ?

Pour en revenir au "problème CD&V", c'est le même refrain depuis le début de la "suédoise" : les démocrates-chrétiens veulent jouer le rôle du gardien du temple pour tout ce qui touche à la Sécu, être la bonne conscience centriste, voire de gauche, dans une coalition qui tire plutôt vers la droite. Au moment de boucler cet article, le CD&V tentait d'ailleurs de faire passer - dans la douleur ("le clash est énorme") - une taxe sur les plus-values. Cette mesure étiquetée de gauche viendrait s'ajouter sur le plan de la symbolique politique à l'augmentation du précompte mobilier (de 27 à 30 %). La taxe sur les plus-values boursières proposée par le CD&V serait de 30% si l'action est vendue dans l'année et de 7,5% si elle est vendue à plus long terme.

Pour le reste, les tensions entre les quatre partis ont été aggravées par le fait que la majorité veut non seulement équilibrer ses budgets mais, en plus, obtenir un grand accord sur des réformes structurelles. Pour la Belgique, il s'agit notamment de se montrer un bon élève vis-à-vis de l'Europe en s'engageant dans des réformes devant stimuler l'économie sur le long terme. A ce sujet, on a beaucoup discuté ce week-end du "Werkbaar Werk" ("le travail faisable", c'est-à-dire la réforme du marché du travail) proposé par Kris Peeters, et de la réforme de l'impôt des sociétés (Isoc) réclamée par le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA). Il s'agit de négociations politiques et, donc, rien n'est gratuit. Il est clair que si le leader du CD&V au sein du gouvernement ne peut pas faire passer son projet de plus grande flexibilité sur le marché du travail, la N-VA peut oublier la baisse de l'Isoc à 20 %. C'est du donnant-donnant.

Bref, l'énormité de ces chantiers a compliqué la tâche budgétaire des principaux ministres du gouvernement, le "Werkbaar Werk" et la réforme de l'Isoc devant faire partie du deal final… Signe que les palabres avançaient difficilement : dimanche soir, il n'y avait toujours pas eu de grande réunion collégiale entre tous les poids lourds du fédéral…

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