Entre la vénération pour son père et l'ascension freinée par les Daerden, retour sur la carrière politique d'Alain Mathot
- Publié le 01-07-2018 à 18h20
- Mis à jour le 01-07-2018 à 18h22
Alain Mathot espérait enchaîner un 3e mandat comme maïeur de Seraing. Comme son père avant lui…Alain Mathot aurait certainement préféré mettre fin autrement à sa carrière politique locale et nationale… Au début de cette année, convaincu qu'il retrouverait son écharpe maïorale, le député-bourgmestre de Seraing avait présenté ses vœux en insistant avec force sur la dimension sociale de sa gestion. Ainsi, sa cité était la seule ville de la région, avec Liège, à pouvoir proposer un toit pour le jour et pour la nuit aux sans-abri.
C'était aussi celle qui disposait du taux le plus important de logements sociaux, avec 6 000 du genre auxquels s'ajoutent toujours plus de logements publics à loyers modérés. De quoi maintenir le PS au pouvoir, quitte à renforcer la majorité en l'étendant par exemple au MR plutôt qu'au PTB, qui n'a cessé de rendre la vie dure au maïeur l'accusant de mener "une politique bling bling"…
Une vénération pour son père
Qu'à cela ne tienne, Mathot Junior entendait bien s'inscrire dans les sillons tracés par son père Guy, pour lequel il a toujours nourri de l'admiration, voire une véritable vénération, même lorsque le paternel se retrouva dans la tourmente. Précisons quand même que, s'il fut souvent cité dans bien des dossiers troubles, Guy Mathot ne fut jamais condamné.
En fait, l'entrée en politique d'Alain s'est située à la fin des années 1990. Au moment où son père venait d'être blanchi, une fois encore, par la justice. Cette fois à la suite d'une inculpation pour corruption passive dans le dossier Agusta, l'achat d'hélicoptères pour la Défense qui emporta au contraire plusieurs autres Excellences socialistes.
Une ascension freinée par les Daerden
Né à Seraing fin août 1972, Alain Mathot, détenteur d'un diplôme de candidat en sciences économiques, s'était installé à Flémalle. C'est à partir de cet autre haut-lieu du socialisme principautaire que s'envola sa carrière politique, alors qu'il restait aussi actif professionnellement comme consultant et intermédiaire commercial dans l'immobilier.
Participant à la campagne pour les régionales de 1999, il fit la joie de l'auteur de ses jours car, bien que figurant à la troisième suppléance sur la liste du PS, il avait engrangé près de 5 000 voix. Mais alors qu'il devait rejoindre Namur, il dut s'effacer devant un autre "gamin de…", en l'occurrence Frédéric, le fils de Michel Daerden. Les clans liégeois s'affrontaient une fois encore…
Aux communales de 2000 à Flémalle, il récolta près de 600 voix mais le contexte interne était difficile. Conseiller communal, il finit cependant par regagner sa ville natale. Aux fédérales de 2003, plus question de passer son tour. Il entra à la Chambre par la grande porte avec quelque 15 000 voix. Alain Mathot prit pleinement sa place au PS après la mort de son père, en 2005, en rejoignant le clan Demeyer face au clan Daerden.
Tout s'enchaîna ensuite : en 2006, un an avant d'être réélu député avec 25 000 voix, il décrochait le maïorat de Seraing. Plus près de nous, s'il n'avait été inculpé dans le dossier Intradel-Innova, il eût été ministrable dans le gouvernement Di Rupo.
