Divisé samedi, rassemblé dimanche: il s'en est passé des choses ce week-end du côté du MR
Un bureau extraordinaire du parti s'est réuni, dimanche, dans une ambiance apparemment détendue et apaisée, au lendemain de l'élection à la tête de la formation libérale de Georges-Louis Bouchez.
- Publié le 01-12-2019 à 20h00
- Mis à jour le 02-12-2019 à 09h31

Les remaniements ministériels ont fâché Denis Ducarme. Au bureau du parti, chacun semblait s'être calmé. Il s'en est passé des choses au cours du week-end du côté du MR. Un bureau extraordinaire du parti s'est réuni, dimanche, dans une ambiance apparemment détendue et apaisée, au lendemain de l'élection à la tête de la formation libérale de Georges-Louis Bouchez.
Par ailleurs, samedi, le MR avait proposé au Roi la nomination du député fédéral Philippe Goffin (voir page 2) comme ministre des Affaires étrangères en remplacement de Didier Reynders, parti à l'Europe. Les compétences de Didier Reynders liées aux institutions culturelles fédérales et à Beliris seront assumées par la Première Ministre Sophie Wilmès, qui n'est pas à proprement parler bruxelloise mais vient de la périphérie (les Flamands apprécieront) alors que les Affaires européennes sont reprises par le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V).
Dernier "détail" : David Clarinval, ministre fédéral du Budget, est, quant à lui, devenu vice-Premier ministre (là, c'est Denis Ducarme, battu par M. Bouchez dans la lutte pour la présidence du MR, qui a dû apprécier).
"Il n'y a pas de clans au MR"
Quoi qu'il en soit, Georges-Louis Bouchez l'a affirmé la bouche en cœur sur le plateau de RTL-TVI dimanche : "Il n'y a pas de clans au MR." "Lors de notre premier bureau, les avis étaient unanimes", a-t-il précisé, ajoutant : "Je suis quelqu'un de loyal et de fidèle. Sous ma présidence, il n'y aura pas de coup tordu ni de stratégie à long terme."
M. Bouchez a assuré avoir discuté avec Denis Ducarme. Ce dernier a confirmé avoir eu une longue conversation avec "son" président, dimanche, dès potron-minet, et a signalé vouloir, en effet, l'unité du parti et la constitution rapide d'un nouveau gouvernement fédéral.
C'était 24 heures après l'envoi d'un tweet nettement moins consensuel. Samedi, après les remaniements ministériels expliqués plus haut, M. Ducarme, sur Twitter, avait déclaré : "Je réitère mon message quant à ma disponibilité pour permettre le rassemblement de notre mouvement et pour que les près de 40 % qui ont soutenu mon projet soient respectés. Le remaniement ne s'inscrit pas en ce sens. Des actes doivent être posés."
Réponse de M. Bouchez, dimanche : "Je comprends sa déception et sa volonté d'être respecté. Mais Denis Ducarme dispose déjà des compétences, dont celles des PME, parmi les plus importantes pour le MR. Il gère des matières fondamentales pour notre parti et je compte beaucoup sur son action. Nous sommes sur la même ligne."
Des propos confirmés donc par Denis Ducarme lui-même. "J'ai trouvé un Georges-Louis Bouchez à l'écoute et ouvert. Il entend le fait que nous étions tous les deux au second tour et que j'ai pu obtenir 40 % des suffrages. Je sens une volonté de rassembler chez lui." L'unité résistera-t-elle à la suite des événements ou n'est-elle que de façade ?
Fringant quinquagénaire
Loin de toutes ces considérations, Philippe Goffin savoure son nouveau destin, lui qui a feint jusqu'au bout de n'être au courant de rien. Né à Rocourt le 1er avril 1967, il est député de la circonscription électorale de Liège depuis le 13 juin 2010. Licencié en droit et en notariat, il est également président de la commission de la Justice et bourgmestre de Crisnée depuis 2000.