Formation fédérale: des élections anticipées ? Peu probable...
En cas d'impasse durable au fédéral, si on rebattait les cartes par un retour aux urnes, le résultat serait encore pire…

- Publié le 18-12-2019 à 20h46
- Mis à jour le 18-12-2019 à 20h47

En cas d'impasse durable au fédéral, si on rebattait les cartes par un retour aux urnes, le résultat serait encore pire…
Les discussions fédérales patinent depuis plusieurs mois. À un rythme régulier, le fantasme des élections anticipées réapparaît dès lors furtivement dans l'esprit des observateurs politiques. Vu l'impossibilité de mettre en place une "bourguignonne" (le PS ne veut pas de la N-VA) et les difficultés à concrétiser un gouvernement sans les nationalistes flamands (le CD&V veut "mouiller" la N-VA au pouvoir), il faudrait se résoudre à un retour aux urnes. Puisque les responsables politiques n'arrivent pas à s'entendre avec le jeu que leur ont donné les électeurs, ces derniers devraient rebattre les cartes.
Le renforcement des extrêmes
Pourquoi pas, après tout ? C'est la démocratie qui parlerait. Oui, sauf qu'au sommet des partis, personne n'a intérêt à passer par cette solution extrême. On le sait, les derniers sondages placent désormais le Vlaams Belang à la première place en Flandre, devant la N-VA. Le PTB progresserait aussi, y compris en Flandre, rognant encore un peu plus le nombre de sièges de députés dévolus aux partis de la gauche gestionnaire.
Le risque est bien identifié : des élections anticipées, dans un contexte de paralysie au fédéral, donneraient davantage de pouvoir aux extrêmes et compliqueraient un peu plus les choses. Les deux plus grandes formations politiques du pays, la N-VA et le PS, perdraient encore des plumes dans l'aventure. Il est dès lors très peu probable qu'elles soient tentées par la piste des élections anticipées. "En quoi convoquer des élections serait une solution ?, s'interroge un député fédéral. On recommencerait tout depuis le début avec une configuration encore plus impossible sur le plan arithmétique… Brandir la menace d'un retour aux urnes, c'est un moyen de pression pour tenter de faire bouger les lignes. "
Leterme II n'est pas Wilmès Ier
Par ailleurs, durant la crise politique de 541 jours (de 2010 à 2011) qui avait abouti au gouvernement Di Rupo, la situation semblait encore plus bloquée qu'aujourd'hui et, pourtant, les citoyens n'ont pas dû retourner aux urnes. Qui peut le plus peut le moins : il ne s'est écoulé "que" 206 jours depuis les dernières élections…
D'autre part, en 2010-2011, le gouvernement Leterme II, en affaires courantes, n'était pas minoritaire au Parlement contrairement à l'actuel gouvernement Wilmès (MR-Open VLD-CD&V). Cette impossibilité pour l'exécutif de faire passer des textes de loi sans l'appui d'une partie de l'opposition rend plus impérieux le besoin de définir rapidement une nouvelle majorité fédérale sans passer par la périlleuse case électorale.
