Les discussions sur le budget fédéral se poursuivent à la Chambre, la N-VA critique sa "fiabilité"
Vives discussions à la Chambre sur le budget 2022. La "taxe avion" a particulièrement inspiré les députés de l'opposition. Selon cette dernière, le manque de précision sur les modalités pratiques de cette taxe jette un doute sur la fiabilité du budget 2022.
- Publié le 13-10-2021 à 20h30
- Mis à jour le 14-10-2021 à 07h54

"Vous êtes totalement à côté de la plaque et ça fait vingt-quatre heures que ça dure. Tenez-vous en aux faits. Les sanctions existent déjà vis-à-vis des malades de longue durée, je peux vous donner l'article de loi", répondait ainsi le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), au chef de groupe PTB à la Chambre, Raoul Hedebouw. Ce dernier s'en prenait une nouvelle fois à la mesure de l'accord budgétaire du gouvernement De Croo visant à sanctionner certains malades de longue durée en capacité de retravailler mais qui refuseraient de franchir le pas. "Dans les discours, vous êtes brillant, mais nous n'avons pas la même vision de la solidarité", enchaînait Frank Vandenbroucke.
L'opposition avait démarré la journée de débats consacrée au budget, bouclé mardi matin par la majorité Vivaldi, avec Peter De Roover, le chef de groupe N-VA. Lequel pointait "le manque de fiabilité du budget". L'opposition s'est dans un premier temps particulièrement déchaînée sur la taxe concernant les voyages en avion et le montant de 30 millions d'euros inscrit au budget, que le gouvernement avait manifestement des difficultés à détailler.
C'était ensuite au tour du groupe Écolo-Groen de monter à la tribune pour défendre le budget de la majorité à laquelle ils appartiennent. "La lutte contre le dérèglement climatique constitue bien le défi de ce siècle. Il s'agit, en effet, d'une question de vie ou de mort. En un an, la Vivaldi est passée de gouvernement le plus vert de l'histoire de la Belgique à un véritable gouvernement Climat", a insisté le chef de groupe écolo Gilles Vanden Burre.
Et d'ajouter ensuite qu'il s'agit d'un "gouvernement Climat qui protège les plus faibles, investit dans l'avenir, met la justice fiscale au cœur de son projet et traite chaque citoyen de manière égale. Chaque ministre devient un ministre du Climat. C'est un basculement par rapport au passé".
Interpellé par l'opposition sur la facture énergétique et l'absence d'aides aux classes moyennes, le chef de groupe Écolo a estimé que "dire que les personnes qui n'appartiennent pas aux classes de revenus les plus précaires n'auront rien sur leur facture d'énergie n'est pas exact". Le fonds électricité et gaz fera d'ailleurs l'objet d'un financement unique à concurrence de 16 millions d'euros.
"Le PTB est mal placé pour faire la morale"
Lorsqu'Ahmed Laaouej prit la parole pour défendre lui aussi le projet de la majorité et faire face aux critiques de l'opposition, le socialiste a particulièrement ciblé le PTB. "Je n'aime pas votre méthode politique, de caricaturer, quelle que soit la mesure ou la réforme", a-t-il déclaré. Revenant sur les sanctions à l'encontre des malades longue durée, il précisa : "Avec cette réforme, on responsabilise l'employeur. Ça, ce sont des réalités, mais vous ne le dites pas. Le PTB est mal placé pour faire la morale et dire défendre les travailleurs. Nous, ici, au Parlement, avec courage, nous sommes venus dénoncer des camps de travail forcé (d'Ouïghours en Chine, NdlR). Et vous, vous vous couchez, vous avez peur. Quand on défend les travailleurs, c'est ici en Belgique. Mais, là-bas, ils sont musulmans, c'est ça votre problème ? Vous, vous êtes sympa, mais les gens qui sont derrière vous n'ont pas renoncé au maoïsme et au stalinisme."
Dans son intervention à propos de la déclaration de politique générale, Ahmed Laaouej a salué le fait qu'à ses yeux "le gouvernement n'impose pas l'austérité". "Nous venons avec des mesures positives pour les citoyens : élargissement du tarif social de l'énergie et une aide supplémentaire de 80 euros pour le même public permettra à 900 000 familles de bénéficier d'un soutien substantiel. Pour les classes moyennes, je considère qu'avec les 300 millions inscrits dans la suppression progressive de la cotisation spéciale de la sécurité sociale il y a là la possibilité de lui donner un bol d'oxygène. Il y a là une enveloppe substantielle."
