Avec "Chez nous", l'extrême droite francophone se trouve un nouveau parti
Un meeting interdit à Herstal s'est mué en conférence de presse à Petit-Enghien.

- Publié le 27-10-2021 à 22h16
- Mis à jour le 28-10-2021 à 08h45

Deux anciens du Parti populaire (PP) viennent de créer un nouveau parti politique. Son nom ? Chez Nous. Pour l'annonce officielle de sa création, mercredi soir, les fondateurs avaient convié le Président du Vlaams Belang Tom Van Grieken et celui du Président du Rassemblement National (France), Jordan Bardella.
Au départ, le président Jérôme Munier (ex PP et Liste Destexhe) et l'autre fondateur du parti, Gregory Vanden Bruel (ex PP) avaient projeté d'organiser un véritable meeting dans une salle où chaque participant se serait acquitté d'un droit d'entrée de 8 euros. Mais le choix de la commune où devait se tenir ce meeting s'est révélé problématique. On peut se demander pourquoi les responsables d'un parti d'extrême droite ou de droite identitaire ont choisi une ville très marquée à gauche pour organiser un tel meeting. L'annonce de ce dernier avait d'ailleurs suscité une forte mobilisation du front antifasciste liégeois prêt à venir manifester. Finalement, le bourgmestre de Herstal (PS) a décidé d'interdire ce meeting dès qu'il a appris qu'il se tiendrait sur sa commune. Le lieu était annoncé aux participants, trois heures avant le début.
Finalement, les deux fondateurs du parti et leurs invités se sont rendus dans le Hainaut, à Petit-Enghien, pour tenir une conférence de presse. Déplorant la censure dont ils ont fait l'objet, ils ont ensuite présenté leur parti, les grandes lignes du programme et leurs ambitions avant de laisser la parole à leurs deux invités.
Un strict cordon sanitaire vu leur parrainage
Et même si les propos tenus mercredi par les responsables du nouveau parti n'ont pas versé dans le racisme et la xénophobie, un tel parrainage (VB et RN) place de facto ce nouveau parti à l'extrême droite de l'échiquier politique. La presse francophone a pour principe depuis les années 90 et l'arrivée en force du Vlaams Blok (ancêtre du Belang), parti raciste et xénophobe, d'appliquer un strict cordon sanitaire à l'égard de ces partis. Il n'est donc pas question de leur donner directement la parole.
