La Défense multiplie les initiatives de séduction pour attirer les civils: en quoi ces collaborateurs sont-ils importants pour le département?
La ministre Dedonder veut que la part du personnel civil à l'armée, actuellement à 7,5%, monte à 15 % d'ici la fin de la décennie. Le département de la Défense multiplie les initiatives en ce sens.

- Publié le 08-11-2023 à 06h41
Elle est à la moitié du chemin. La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), souhaite que la part du personnel civil de l'armée atteigne 15 % d'ici 2030, un niveau comparable à la moyenne des pays alliés de l'Otan (l'Alliance atlantique). On s'en approche doucement.
"Avec, au 1er septembre 2023, plus de 341 recrutements de collaborateurs civils dont 165 conventions de premier emploi ('contrats Rosetta'), la Défense évolue d'année en année vers l'objectif des 15 % de personnel civil […] comme le prévoit le plan Star (le plan d'investissements à l'horizon 2030, NdlR). Ainsi, à cette date, le pourcentage de civils au sein de la Défense était de 7,5 % (contre 6,2 % au 1er janvier 2022 ; 5,83 % au 1er janvier 2021 et 5,42 % au 1er janvier 2020)", ce qui correspond à environ 1 600 civils, expose la ministre dans sa note de politique générale pour 2024, qu'elle présentera ce mercredi matin à la Chambre.
Les civils apportent une expertise spécialisée à l'armée, notamment dans le secteur de la cybersécurité.
La Défense multiplie les initiatives de séduction
Le recrutement accru de civils poursuit au moins deux grands objectifs. Premièrement, recentrer les militaires sur leur cœur de métier en les déchargeant de toute une série de tâches. "De plus en plus de fonctions ne nécessitant aucune expérience militaire peuvent être […] exercées par du personnel civil […]. Le recrutement de civils permet ainsi au personnel militaire de se recentrer sur des tâches davantage opérationnelles", explique la ministre. C'est aussi dans cette perspective que la Défense a de plus en plus recours à des sous-traitants, par exemple pour les tâches de gardiennage, de catering ou d'entretien.
Deuxièmement, les civils permettent d'apporter une expertise spécialisée à l'armée, notamment dans le secteur de la cybersécurité, où la part des civils monte à 50 %.
Par le passé, la Défense ne recrutait des civils que par l'intermédiaire de Travaillerpour.be (anciennement Selor, en charge du recrutement pour les administrations fédérales). Ce n'est plus le cas aujourd'hui. La Défense multiplie les initiatives pour attirer les civils : communication sur les réseaux sociaux ou dans les médias traditionnels, partenariat avec certains secteurs privés (notamment la construction et l'automobile) dans le cadre du programme Reboot4You, partenariat avec Molengeek (un incubateur de talents dans le domaine digital) pour la formation des futurs cyberespions, développement d'une filière sécurité dans l'enseignement secondaire, développement du service d'utilité collective (SUC) pour les jeunes de 18 à 25 ans, etc.
Recrutements jusque chez bpost
"En outre, la Défense s'est inscrite dans le trajet de réorientation de certains membres du personnel de bpost (137 personnes intéressées, dont 71 statutaires et 66 contractuelles) pour lesquels les entretiens de sélection sont en cours", complète la ministre dans sa note de politique générale.
"La Défense s'intègre pleinement dans les mécanismes en développement au sein de la Fonction publique fédérale permettant des procédures de recrutement plus courtes et/ou offrant plus d'autonomie aux différents départements en matière de recrutement", dit encore Mme Dedonder. Aussi, "dès 2024, la Défense appliquera le nouveau mécanisme de recrutement de Travaillerpour.be, dit fast lane, pour les volumes et profils spécifiques requis notamment pour la direction générale 'Material Resources' (DGMR) et les fonctions cyber."
