RER Wallon : "Willy Borsus et la Flandre doivent prendre des décisions" affirme Georges Gilkinet
Le ministre wallon, Willy Borsus doit octroyer un permis important. Sans cela, les travaux prendront du retard.

- Publié le 23-11-2023 à 06h37
- Mis à jour le 23-11-2023 à 14h03

Les Wallons verront-ils un jour le RER qui doit fluidifier leurs déplacements vers Bruxelles ? Ce vieux dossier essentiel en matière de mobilité empoisonne la vie politique belge depuis longtemps. Le ministre fédéral de la Mobilité, Georges Gilkinet (Écolo) est sur le point d'aboutir. Seulement voilà, il reste trois écueils sur sa route. Le premier concerne un permis qui doit être octroyé par le gouvernement flamand et qui vise le territoire de Linkebeek où passe la ligne Bruxelles-Nivelles. "Il y a une opposition locale historique à la mise à quatre voies de la ligne. La décision sur ce dossier sera prise par le gouvernement flamand, le 2 décembre", explique Georges Gilkinet.
Le ministre fédéral espère que, dans ce dossier, "l'intérêt général va primer et que l'on pourra aussi rassurer les riverains et la commune". "J'espère aussi que si le gouvernement flamand marque son accord, il n'y aura pas de recours."
Le second écueil pour aboutir à la mise en service du RER côté wallon (précisons qu'il est déjà terminé en Flandre) concerne l'octroi d'un permis par le gouvernement wallon. "Il s'agit du permis pour la mise à quatre voies de la gare d'Ottignies". "C'est important parce qu'ainsi les trains IC et les trains locaux pourront circuler en parallèle, il n'y aura plus de concurrence entre eux pour l'entrée en gare", professe le ministre fédéral. Ici, la balle est dans le camp du ministre wallon en charge de l'Aménagement du territoire, Willy Borsus (MR). Georges Gilkinet ne peut pas croire que le ministre libéral qui doit donner sa réponse avant la fin de cette année n'octroiera pas le permis. Si ce devait être le cas, le délai pour la mise en service du RER côté wallon sera une nouvelle fois rallongé. "Il y a des travaux à faire et c'est maintenant qu'il faut les faire."
Un emprunt
Enfin, la troisième chose qui doit permettre de faire avancer les travaux est d'ordre financier. Le ministre précise qu'il a tout mis en œuvre pour permettre à Infrabel d'emprunter un montant d'un milliard d'euros pour réaliser les travaux. "Cela concerne le RER mais aussi d'autres infrastructures comme celles du port d'Anvers notamment". Le ministre estime que les choses vont dans le bon sens. "Mais je ne serai tout à fait rassuré que lorsqu'Infrabel aura conclu l'emprunt."
Georges Gilkinet n'est pas peu fier de dire qu'"en trois ans, nous avons remis le RER sur les rails". Il déplore cependant que les vingt années d'avant, "le chemin de fer en Belgique était la variable d'ajustement budgétaire des gouvernements lorsqu'ils réalisaient leurs budgets". Pour sa part, il estime que les actions qu'il a menées avec son cabinet ont permis d'aller plus loin que par le passé. "La mise en place d'un plan d'investissement pour 10 ans a permis enfin à Infrabel d'y voir clair. Par le passé, les plans étaient établis sur une base annuelle. Il y a enfin une vision à long terme."
Il faut ajouter à cela le fait que les moyens octroyés aux opérateurs du rail ont été revus à la hausse par le gouvernement fédéral. Le ministre écologiste précise aussi que tout ce qui est déjà réalisé au niveau des autres infrastructures liées au RER ne sont pas mises de côté en attendant la mise en service de ce dernier. "Dès qu'un morceau est terminé, on l'exploite : c'est aussi une manière de rendre les choses irréversibles."
Georges Gilkinet reste cependant très prudent. "Je croirai au RER quand je le verrai mais je le répète : tout est désormais sur la table pour avancer. Je comprends le scepticisme des gens parce qu'on entend parler du RER depuis des années et des années. Aujourd'hui il existe à 75 %."
Et si le prochain gouvernement fédéral décidait de revenir sur ce dossier ? Gilkinet sait que toute décision peut être remise en cause. Néanmoins, il considère que cet engagement a force de loi. "Une loi peut-être changée. Mais nous y avons mis un très grand nombre de verrous. Le rail doit être la colonne vertébrale de la mobilité", conclut le ministre fédéral.
