La Belgique intégrera "officiellement" le programme militaire Scaf en juin 2025, annonce la ministre Dedonder
L'industrie belge était déjà membre observateur du programme de développement de l'avion de combat du futur. Selon la ministre de la Défense, il n'y a plus de doute qu'elle en deviendra pleinement partie prenante.

- Publié le 28-11-2023 à 18h11
- Mis à jour le 28-11-2023 à 18h31

La décision, formellement, reviendra au prochain gouvernement fédéral, ainsi qu'à la France, l'Allemagne et l'Espagne, déjà parties prenantes du projet. Mais à en croire la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), il ne fait plus aucun doute que la Belgique intégrera pleinement le programme militaire Scaf, sur l'avion de combat du futur (avion de 6e génération).
À l'occasion du salon de l'aéronautique du Bourget (Paris), en juin, le président français Emmanuel Macron avait officialisé l'entrée de la Belgique dans le Scaf (Système de combat aérien du futur – ou Fcas) en tant que membre observateur. Ce statut d'observateur permet à l'industrie belge de discuter avec ses homologues des trois autres pays de la plus-value qu'elle peut apporter au programme. Avec l'espoir, in fine, de participer pleinement au projet.

Une capacité de combat aérien de nouvelle génération
"En décembre 2023, nous signerons l'accord d'observateur, marquant notre engagement [dans le programme]", a indiqué Ludivine Dedonder, il y a une semaine, dans une publication sur le réseau LinkedIn, repérée par le site "À l'Avant-Garde", spécialisé dans l'actualité de la Défense belge. Mais, plus fondamentalement, la ministre laisse entendre que la suite des opérations est déjà réglée.
"En juin 2025, la Belgique intégrera officiellement le programme [Fcas], ajoute-t-elle. Le développement d'une capacité de combat aérien de nouvelle génération est une opportunité unique pour l'Europe."
La ministre brûle les étapes. Les industries des différents pays sont censées déterminer l'éventuelle valeur ajoutée que peut apporter la partie belge au programme. Et, sur cette base, laisser les gouvernements décider si la Belgique peut définitivement entrer dans le Scaf.
Au niveau belge, la décision doit formellement revenir au prochain gouvernement fédéral. Mais, dans les faits, si la Belgique a été acceptée comme membre observateur, c'est que, politiquement, elle a obtenu les garanties suffisantes pour, à terme, faire complètement partie du programme.
La satisfaction du patron de Safran
"En juin 2023, […] la Belgique a intégré le programme Scaf en tant qu'observateur. Depuis cette date, une période de négociations exploratoires entre entreprises a démarré en vue de l'intégration de nos entreprises et de nos institutions de recherche à des programmes de R&D (recherche et développement, NdlR) liés au développement du Scaf, explique Ludivine Dedonder, sollicitée par La Libre. Dans les prochaines semaines, les résultats de cette phase exploratoire doivent être soumis au gouvernement pour confirmer la participation aux activités de R&D du programme Scaf, avec en perspective une pleine intégration au programme à l'horizon 2025."
"C'est une opportunité unique pour la Belgique […] car notre industrie aéronautique et aérospatiale est reconnue internationalement pour sa compétence et sa compétitivité. […] Évidemment, une telle démarche poursuit également la recherche de retours économiques et sociétaux. En 2025, si le gouvernement souhaite poursuivre la participation aux activités de R&D du programme Scaf, conclut la ministre de la Défense, un budget est d'ores et déjà validé dans la loi de programmation militaire jusqu'en 2029. Le plafond de ce budget est fixé à hauteur de 360 millions d'euros."

Sur LinkedIn, François Lepot, patron de Safran Aero Boosters, basée à Herstal, s'est déjà réjoui de l'annonce de la ministre. "Merci pour votre soutien à l'industrie belge qui va prendre part à un programme international parmi les plus ambitieux technologiquement, a-t-il dit à Mme Dedonder. De nombreux emplois vont être créés grâce à cette initiative."