La nouvelle présidente de la FWB: "On hérite d'une situation extrêmement compliquée"
La nouvelle ministre-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles Elisabeth Degryse était l'invitée du "Café sans filtre" sur LN24 et LN radio.
- Publié le 15-07-2024 à 09h08
La Bruxelloise de 43 ans Elisabeth Degryse, qui défend les couleurs des Engagés, est devenue dimanche ministre-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle était ce lundi matin l'invitée de Maxime Binet sur LN24.
Quand on lui demande quelle sera sa marque de fabrique en tant que ministre-présidente pour les cinq prochaines années, elle répond: "J'espère faire en sorte que le gouvernement de la Fédération travaille de concert avec les secteurs. Car les réformes que l'on veut mettre en place sont ambitieuses et on aura besoin de travailler cela avec l'ensemble des secteurs concernés."
Sur la dette de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui est plus importante qu'estimée (autour de 12 milliards d'euros), Elisabeth Degryse explique: "Le vrai souci de la Fédération Wallonie-Bruxelles, c'est son déficit, pas tellement sa dette. Donc c'est là desssus qu'on devra travailler. On va devoir de concert utiliser chaque euro public de la meilleure manière possible. Ca va nécessiter du travail avec l'ensemble des administrations, du travail aussi sur le statut des fonctionnaires mais en parallèle on veut mener des politiques ambitieuses qui répondent à des besoins."
La nouvelle ministre-présidente insiste: "Je n'aime pas le terme 'austérité' car ca fait peur aux citoyens. Notre enjeu ici n'est pas de faire peur mais de moderniser, de rénover et de faire en sorte que les politiques que l'on veut mener, aussi ambitieuses soient-elles, se tiennent dans un cadre budgétaire qui tienne la route. On hérite d'une situation extrêmement compliquée, tant en région wallonne qu'à la Fédération, on doit en tenir compte. Et chacun doit se rendre comte que les enjeux financiers sont fondamentaux. Mais ça ne nous empêchera pas de mener des politiques ambitieuses."
Dans l'enseignement, la nouvelle majorité entend mettre fin aux nomination, ce qui fait pas mal de bruit. "Je peux comprendre la crainte des syndicats", déclare Elisabeth Degryse. "Ils ont lu un texte et on n'a pas encore eu l'occasion d'en parler. Et ce texte n'est pas encore décliné en mesures concrètes. Ce qu'il faut vraiment essayer de comprendre, ce sont les objectifs derrière ces politiques et derrière cette déclaration. Notre volonté n'est pas de mettre fin pour mettre fin. Notre objectif, c'est d'abord de répondre à la pénurie en matière d'enseignants. Pour cela, on est convaincu que l'on doit mettre de la flexibilité dans le fonctionnement statutaire actuelle qui décourage certains jeunes enseignants. Ceux-ci, à cause de ces nominations qui bloquent parfois des postes, arrêtent d'être enseignants après quelques années. Mais tout cela sera travaillé avec les secteurs. Il y a des syndicats qui représentent les enseignants, il y a des fédérations de directeurs... On discutera avec eux et nous travaillerons en concertation, c'est une évidence." La nouvelle ministre-présidente insiste sur l'importance de "construire la confiance" pour éviter notamment d'éventuelles actions de grève.
Interrogée sur le petit couac dans la confection du gouvernement de la Fédération (qui a désigné initialement quatre ministres femmes, oubliant donc de respecter la parité), Elisabeth Degryse sourit: "Dans ces moments-là, il y a toujours des ajustements qui doivent trouver leur place. Je ne parlerais donc pas de couac. Puis c'est quand même génial que pour une fois ce soit dans ce sens-là et qu'on se dise: 'zut on a trop de femmes'. Ca montre quand même qu'on est en chemin vers l'égalité. Puis finalement, avec Yves Coppieters qui reprend ma casquette pour la Santé à la Fédération, je trouve ça génial. Car cela fait un ministre de la Santé en moins. Il aura une double casquette (en Wallonie et en Fédération, NdlR) qui fait tout son sens. C'est clairement une avancée pour la simplification du paysage de la Santé."
Enfin, quand on lui demande quelle sera sa priorité principale, l'élue des Engagés répond: "A titre personnel, je vais prendre le temps de m'intéresser et bien me former en terme de culture. Parmi celles que j'ai, c'est sans doute la compétence que je connais le moins bien. Donc ce sera une de mes priorités de rencontrer ce secteur. Et au niveau de l'enseignement supérieur, ma priorité sera de sortir de l'enveloppe fermée. Pour que chaque étudiant soit financé correctement."

