Alexia Bertrand (Open VLD) : "Le PTB développe un racisme plus sournois que celui du Belang, un racisme de classes sociales"
La secrétaire d'État au Budget au sein du gouvernement De Croo a été heurtée par la constitution de majorités communales avec le PTB dans plusieurs communes. Alexia Bertrand pointe la grave responsabilité du PS et d'Écolo.

- Publié le 16-11-2024 à 07h05
- Mis à jour le 16-11-2024 à 18h29

Eva De Bleeker, la nouvelle présidente de l'Open VLD, a adopté une série de positions plus marquées à droite. Est-ce que vous êtes sur la même ligne ?
Oui, elle est plus à droite et cela me convient. Le libéralisme, c'est limiter l'intervention de l'État à ce qui est nécessaire: réduire les dépenses publiques inutiles, soutenir la liberté d'entreprendre, garantir nos libertés. Et bien sûr, protéger quand il le faut. Mais la sécurité sociale doit rester un filet et pas devenir un hamac, comme c'est parfois le cas en Belgique. Le libéralisme, c'est vouloir des hommes et des femmes debout, pas des citoyens qu'on laisse à vie dans une forme d'assistanat.
La sécurité sociale doit rester un filet et pas devenir un hamac comme c'est parfois le cas en Belgique."
Georges-Louis Bouchez, le président du MR, est-il un modèle politique à suivre pour sauver l'Open VLD ?
Nous devons être plus clairs sur notre ligne. Les différences entre l'Open VLD et le MR étaient minimes sous la Vivaldi, et notre programme électoral en juin a également montré cette proximité. Mais l'électeur a eu l'impression durant la législature passée que notre curseur avait bougé vers la gauche. Le Premier ministre (Alexander De Croo, Open VLD) a voulu trouver d'abord des solutions et a fait passer l'intérêt du pays avant l'intérêt du parti. C'est tout à son honneur et cela en fait un homme d'État. Pour avoir fait partie du kern (organe informel réunissant les principaux ministres fédéraux, NdlR), je peux vous dire qu'il n'y avait personne d'autre que lui pour accomplir ce travail de compromis, de consensus.
Georges-Louis Bouchez revient souvent sur l'idée qu'il pourrait prendre une initiative politique en Flandre pour sauver l'Open VLD.
On a besoin d'une famille libérale forte. Tout le monde était heureux de voir que Georges-Louis Bouchez et Eva De Bleeker se sont parlé immédiatement après son élection à la tête de l'Open VLD. Le fait de lancer des listes MR en Flandre, je n'y crois pas. On a vu ce que cela a donné quand la N-VA a lancé des listes en Wallonie : pas grand-chose… L'Open VLD est un parti très ancien et on fait un travail de reconstruction avec une nouvelle présidente. On a cinq ans pour le réaliser et c'est tout à fait possible. Les gens vont se rendre compte du travail que nous avons accompli sous le gouvernement De Croo : pas d'impôt supplémentaire tout en cherchant 11 milliards d'euros.
Le PTB est monté dans plusieurs majorités communales. Ce parti se normalise-t-il ? Dans les communes, ce n'est pas si grave de gouverner avec les marxistes, dit Paul Magnette.
Cela me choque profondément. Le PTB est d'ascendance maoïste et l'un des seuls partis de ce type en Europe. Il ne faut jamais sous-estimer le danger du PTB. Le PS et Écolo portent une lourde responsabilité. Quand Paul Magnette minimise la portée des accords dans les communes, c'est pour se donner bonne conscience. Toute la doctrine et le fonctionnement du PTB posent problème. Préférer le PTB au MR – qui est un parti démocratique – cela en dit longtemps sur la dérive du PS et d'Écolo, engagés dans une fuite en avant.
Quand Paul Magnette minimise la portée des accords dans les communes, c'est pour se donner bonne conscience."
Certains estiment moins grave de gouverner avec l'extrême gauche qu'avec l'extrême droite, avec le PTB plutôt qu'avec le Vlaams Belang. Est-ce aussi votre cas ?
Le PTB met les gens dans des catégories. Le Vlaams Belang est raciste et c'est assumé, mais le PTB développe un racisme plus sournois, un racisme de classes sociales. Il cherche un bouc émissaire : les riches, les multinationales ; il développe un antisémitisme plus que latent. Il s'attaque à tout ce qui n'est pas le "peuple monolithique". Mais le résultat est le même que l'extrême droite : partout où le communisme a été mis en œuvre, cela débouche sur du sang, des larmes, de la pauvreté généralisée, de la violence. Les extrêmes utilisent nos institutions pour leurs propres fins, préfèrent la politique dans la rue plutôt que dans le parlement et mettent en péril nos démocraties libérales. La première chose que ces partis font lorsqu'ils arrivent au pouvoir, c'est changer les règles pour s'assurer de ne pas en être chassé.
Le PTB cherche un bouc émissaire : les riches, les multinationales ; il développe un antisémitisme plus que latent. Il s'attaque à tout ce qui n'est pas le peuple monolithique."