Négociations fédérales : "Ce sont les citoyens qui vont payer le prix fort"

Ce vendredi 31 janvier 2025, Maxime Binet a reçu Caroline Désir, député socialiste à la Chambre, dans le "Café sans filtre" (LN24). Au menu du jour : le futur gouvernement Arizona, les soins de santé ou encore Bruxelles.

Alors que les négociations continuent entre les différentes partis de l'Arizona, Maxime Binet recevait Caroline Désir ce vendredi dans le "Café sans filtre". Les différents partis étaient occupés à négocier sur le socio économique, l'interlocutrice a d'abord répondu sur la volonté de créer un différentiel de 500 € entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas. "On se base avant tout sur ce qu'on voit et ce différentiel nous paraît surtout être la grande arnaque en réalité, affirme-t-elle. On voit que les travailleurs vont récupérer quelques miettes à partir de 2027 alors que, dans le même temps, le pouvoir d'achat va diminuer."

L'ancienne Ministre de l'éducation a ensuite embrayé sur la volonté de se rapprocher du modèle d'indexation qu'on peut voir dans le privé. "Il faut se rappeler que notre mécanisme d'indexation automatique des salaires est complètement unique et qu'il permet de protéger le pouvoir d'achat des gens. Alors que si on commence à bidouiller cette indexation ici, ça va mécaniquement faire perdre du salaire à la population. Nous, on pense que c'est une très bonne façon de protéger contre les diminutions du pouvoir d'achat."

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Une crainte par rapport à Vooruit

À la question de savoir si elle considérait toujours Vooruit comme un parti socialiste, la femme politique de 48 ans a préféré botté en touche. "On jugera sur pièce car c'est très difficile de se prononcer. J'espère pour eux qu'ils vont peser de tous leurs poids, certainement pour protéger les travailleurs. Mais ce qu'on a vu ici, cela nous fait très peur. Concernant les réformes des pensions proposées, nous pensons qu'elles sont profondément injustes en s'attaquant à celles de fonctionnaires entre autres. On voit aussi que l'Arizona s'attaque systématiquement aux femmes avec la manière dont on veut recalculer la pension minimum. Il faudra faire désormais 35 ans de carrière pour bénéficier de celle-ci alors qu'on sait que, pour s'occuper des enfants par exemple, ce sont à 80 % des femmes qui prennent des pauses dans leurs carrières."

guillement

Ce sont les citoyens qui vont payer le prix fort !

La députée socialiste s'est ensuite exprimée sur la volonté de garder une norme de croissance à 2,4 % pour les soins de santé alors qu'il avait été question de le laisser tomber. "C'est un des points qui m'inquiètent le plus. On avait fait campagne pour en avoir une à hauteur de 3 % en proposant des pistes d'économie très sérieuses et en revoyant le mécanisme de fixation des prix des médicaments. Il faut bien comprendre de quoi on parle avec une norme de croissance, on parle d'un pourcentage qu'on met en plus chaque année pour le budget des soins de santé afin de répondre aux besoins de la santé. Avec 2,4 %, on aurait une économie de seulement 2 milliards d'euros qui aurait des répercussions directes sur le personnel de santé mais aussi sur les patients avec une facture plus lourde à la clé. Ce sont donc les citoyens qui vont payer le prix fort !"

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Un système "injuste" pour faire des économies

La Belgique est l'un des pires pays européens en matière de déficit budgétaire. Il faut donc trouver des économies et se diriger vers les soins de santé paraît être un choix indispensable. "Ce n'est pas vrai qu'on n'a pas le choix. Faire de la politique, c'est faire des choix justement ! À l'époque d'Elio Di Rupo, on a justement fait une économie à hauteur de 22 milliards d'euros. On avait fait contribuer les épaules les plus larges à 50 % de l'effort alors qu'ici elles participeront à 5 % de l'effort. On va faire payer plus d'argent à la classe moyenne, aux fonctionnaires et aux travailleurs et c'est cela qui nous semble injuste."

La socialiste s'oppose aussi à l'idée du futur gouvernement de limiter les allocations de chômage d'ici 2 ans. "Enlever ou limiter les allocations de chômage, on ne pense pas que cela va remettre les personnes à l'emploi mais bien appauvrir les personnes en passant du chômage au CPAS. Ça ne fonctionnera pas sur la remise à l'emploi si on n'améliore pas les accompagnements. L'autre chose qui nous inquiète, c'est que ce serait des transferts des régions vers les communes qui risquent encore d'appauvrir les régions justement et la Wallonie."

Enfin, par rapport à la proposition d'Ahmed Laaouej de nommer David Leisterth à la tête du gouvernement bruxellois, la Bruxelloise défend le ministre de Koekelberg. "Cela fait huit mois qu'il propose des solutions sur la table et cela fait huit mois qu'on attend la formation d'un gouvernement à Bruxelles. Je comprends que David Leisterth dit qu'il n'aurait pas fait comme ça mais qu'il vienne avec des propositions alors. On sera des partenaires loyaux comme on l'a signifié auparavant."

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