L'Open VLD refuse d'entamer les négociations bruxelloises sans la N-VA : "On ne montera que dans un gouvernement qui amène une solution pour Bruxelles"
Frédéric De Gucht, président de l'Open VLD en Région bruxelloise répondra à l'invitation des informateurs, ce lundi à 15h. "Mais nous ne voulons pas nous engager dans des négociations dans ces conditions", assure le libéral.

- Publié le 17-03-2025 à 13h37
- Mis à jour le 17-03-2025 à 14h19

La tentative de coup de poker des informateurs bruxellois se heurte à un mur.
Chrisophe De Beukelaer (Les Engagés) et Elke Van den Brandt ont tenté de forcer la main des libéraux en proposant un gouvernement bruxellois à sept partis, sans la N-VA. Ces sept partis (MR, PS, Les Engagés, Groen, Open VLD, Vooruit, CD & V) ont été conviés à une réunion, ce lundi à 15h au Parlement bruxellois.
La N-VA n'a pas reçu son carton d'invitation.
Les sept partis conviés ont fait savoir aux informateurs qu'ils seront présents à la réunion. Christophe De Beukelaer (Les Engagés) et Elke Van den Brandt (Groen) espèrent ensuite entamer des négociations au plus vite en rendant la main à David Leisterh (MR), comme formateur.
Cela signifierait que le blocage des négociations bruxelloises, 9 mois après les élections, est levé. Or, ce n'est pas le cas. L'Open VLD refuse en effet d'entamer les négociations bruxelloises sans la N-VA : "Nous serons présents à la réunion ce lundi, mais cela ne veut pas dire qu'on s'engage dans des négociations. Nous ne monterons que dans un gouvernement qui amène une solution pour Bruxelles. Et on a pour ça besoin du niveau fédéral, et de tous les gouvernements de ce pays. Or, en Flandre et au Fédéral, c'est la N-VA qui tient la main", indique Frédéric De Gucht, président de l'Open VLD en Région bruxelloise, à la Libre. "On doit respecter la loi spéciale des institutions bruxelloises. J'avais dit déjà il y a trois semaines que je ne comprenais pas à quoi aller mener la mission d'Elke Van den Brandt et de Christophe De Beukelaer (Ndlr : qui avaient repris la main après la démission de David Leisterh comme formateur). L'organisation de cette conférence de presse à 15 heures donne la fausse idée que tout le monde est content avec cet attelage et qu'il y a un accord. Ce n'est pas le cas. On est encore loin de la solution. Les médias parlent beaucoup de l'Open VLD, mais je n'ai pas jamais entendu à ce stade le MR et Vooruit dire qu'ils étaient prêts à y aller sans la N-VA."
Frédéric De Gucht soutenu par Alexia Bertrand et son parti
Frédéric De Gucht est souvent présenté comme un électron libre par ses adversaires politiques. L'homme l'a dit et répété : il ne souhaite pas devenir ministre bruxellois, préférant continuer de mener sa carrière politique de front avec son activité d'entrepreneur (Ndlr : il dirige Sprimoglass, une société de transformation de verre, basée à Sprimont). Certains prêtent toutefois de grandes ambitions politiques à celui qui a déjà été candidat à la présidence nationale du parti.
Quoi qu'il en soit, la position du fils de Karel De Gucht (ancien président de l'Open VLD et ex-ministre des Affaires étrangères), est largement soutenue en interne, notamment par l'ancien ministre bruxellois Guy Vanhengel et Alexia Bertrand.
"Nous ne bougeons pas d'un iota. Penser que Bruxelles peut s'en sortir en excluant le premier parti au fédéral c'est un leurre", souligne Alexia Bertrand, cheffe de groupe de l'Open VLD à la Chambre. "Pour faire de l'emprunt au niveau régional, il faut la garantie de l'état fédéral, la signature du ministre fédéral des finances, un certain Jan Jambon. La fusion, des zones de police, c'est aussi une collaboration avec le fédéral. Sans lacollaboration de Bart De Wever et du ministre des finances, ce sera très compliqué", assure la Bruxelloise. "Si on suit le PS, nous allons créer 8 milliards de dette supplémentaire. Nous ne voulons pas participer à un projet dans lequel on ne pourrait ne pas se retrouver."
Le valet noir pour l'Open VLD, l'ambiguïté du MR
La position du MR, qui a maintenu le silence radio sur le sujet depuis vendredi, n'est pas aussi claire.
Le blocage de Frédéric De Gucht, qui pourrait ainsi reprendre le rôle peu enviable de "valet noir" (dévolu au parti accusé de bloquer les négociations, permet à David Leisterh et Georges-Louis Bouchez de maintenir une ambiguïté dont, comme le disait le cardinal de Retz, on ne sort qu'à son détriment.
Le MR, c'est une évidence, aurait préféré une majorité bruxelloise incluant la N-VA, mais le parti de Georges-Louis Bouchez semble moins résolu que l'Open VLD. Certains libéraux flamands, balayés aux dernières élections régionales et fédérales, inscrivent cette posture ferme dans le cadre d'une reconquête électoral, qui voit l'Open VLD se profiler comme le parti défendant la rigueur budgétaire et l'intérêt flamand face à un PS bruxellois qui a très mauvaise presse au nord du pays.