Jean-Luc Crucke : "David Clarinval est climato-sceptique. C'est son droit, mais je le regrette"
Dans un entretien exclusif, le ministre fédéral du Climat Jean-Luc Crucke est revenu sur les propos polémiques de son collègue de gouvernement David Clarinval, qui avait récemment souhaité une pause environnementale.
- Publié le 26-08-2025 à 06h41

Cela fait plus de deux ans que Jean-Luc Crucke a quitté le Mouvement Réformateur. Passé du côté des Engagés, qui sont au pouvoir avec le MR en Wallonie et au fédéral, il ne regrette pas son choix. "En tant que libéral, on a sa place uniquement chez Les Engagés", lance le ministre fédéral de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale.
Récemment, le ministre de l'Économie David Clarinval plaidait récemment pour une "pause" climatique afin de soulager l'industrie. Une bonne idée selon vous ?
Je pense que ce n'est pas la meilleure déclaration qu'il ait faite dans sa vie, même si chacun a le droit d'avoir son opinion en démocratie. David Clarinval est climato-sceptique. C'est son droit, mais je le regrette. Au-delà de ses propos, il ne faut pas oublier que la meilleure manière de protéger notre économie est de la rendre respectueuse de l'environnement. Regardez ce que fait la Chine, qui s'est adaptée. Et, chez nous, j'entends que les entreprises prennent conscience de la nécessité d'intégrer cette lutte contre le réchauffement climatique dans leur activité. Il faut arrêter d'opposer la compétitivité, le climat et l'indépendance énergétique.
Depuis que vous avez quitté le MR, les voix critiques à l'égard du président libéral Georges-Louis Bouchez en interne se font plus rares. Qu'en pensez-vous ?
Je n'ai pas à critiquer ce que font les autres. J'ai pris mes responsabilités en temps et en heure, et je ne le regrette absolument pas. Que certains veuillent faire exister une droite populaire, soit, si elle est démocratiquement légitime. Mais, en tant que libéral social, ce n'est pas ma conception des choses. Pour le reste, je n'ai pas à juger. Comme tout le monde, j'ai, durant les vacances, assisté à une partie du cirque (de Georges-Louis Bouchez, NdlR). Il faut le considérer en tant que cirque, c'est tout. En ne lui donnant pas l'importance qu'il n'a pas, à savoir de trouver des solutions planétaires, nationales, européennes.
Comment réagissez-vous aux propos agressifs qui ont été tenus par le président du MR à l'égard d'une journaliste de la RTBF ?
Ce n'est pas la page la plus glorieuse. Je pense qu'il n'y a aucun journaliste qui peut dire que j'ai un jour pris mon téléphone pour l'engueuler, même si je n'ai pas ma langue en poche. J'ai pu dire que je n'étais pas d'accord, et expliquer pourquoi, oui. Menacer la liberté d'expression et l'indépendance des journalistes risque de fragiliser notre démocratie. Je préfère encore un journaliste qui dit une bêtise qu'un journaliste qui ne s'exprime pas. Attention, il ne faut pas collectionner les bêtises. Tout le monde peut faire une erreur dans sa vie. Quoi qu'il en soit, il y a pour moi un code qui doit régir toute relation entre le politique et les journalistes : celui du respect.

