Le PTB contredit Vandenbroucke : il n'y a pas de surconsommation des médicaments contre le cholestérol
Le ministre de la Santé avait utilisé cet argument pour augmenter le prix des statines. "Il faut s'attaquer au prix trop élevé des médicaments, pas aux patients", répliquent les communistes.

- Publié le 06-10-2025 à 15h31
- Mis à jour le 06-10-2025 à 15h32

Frank Vandenbroucke (Vooruit) se trompe de cible, accuse le PTB. "Il faut s'attaquer au prix trop élevé des médicaments, pas aux patients", juge le parti communiste sur la base d'une étude qu'il publie ce matin.
Le ministre fédéral de la Santé a décidé, au début de l'été, d'augmenter le prix pour le patient des statines, des médicaments fréquents contre l'excès de cholestérol. D'après la mutualité Solidaris, le coût à charge du patient (appelé ticket modérateur) d'une boîte de statines va ainsi passer de 6 à 20 euros en 2026.
Le ministre justifiait sa décision par la nécessité de lutter contre la surconsommation de ces médicaments. Le service d'études du PTB a analysé les chiffres. "Le problème n'est pas la surconsommation des patients, mais la soif de profit des entreprises pharmaceutiques", résume-t-il.
Les dépenses de l'Inami (l'assurance maladie invalidité) consacrées au remboursement pour les patients des médicaments "anticholestérol" ont diminué entre 2013 et 2021, passant d'un ordre de grandeur de 200 millions à 120 millions d'euros. Puis, elles sont reparties à la hausse pour atteindre 250 millions en 2024. "Mais l'idée selon laquelle la surconsommation est à l'origine de cette augmentation est fausse", dit le service d'études du PTB.
Le Leqvio dans le viseur
"Entre 2022 et 2023, le coût des 'anticholestérol' a augmenté de 37,1 %, alors que le nombre de patients n'a augmenté que de 10,3 %", a-t-il calculé sur la base, entre autres, des données de l'Inami. Il y a donc bien eu une hausse de la consommation, mais l'augmentation des dépenses publiques est principalement due à une augmentation des prix des médicaments.
Faire payer davantage les patients pour des médicaments, alors que l'industrie pharmaceutique pille la sécurité sociale, c'est inacceptable.
Tous les médicaments ne sont pas en cause. Les dépenses consacrées aux statines "restent relativement stables au fil des ans", tandis que celles consacrées "aux nouveaux 'anticholestérol' ont considérablement augmenté", en particulier pour le Leqvio et l'acide bempédoïque, arrivés sur le marché belge en 2022.
Selon les chiffres collationnés par le PTB, les statines coûtent par an en moyenne 104 euros par patient à la sécurité sociale, alors que le Leqvio coûte 4 471 euros et l'acide bempédoïque, 1 121 euros. "Un quart de l'augmentation du budget consacré aux 'anticholestérol' entre 2022 et 2023 est à imputer au Leqvio. Si le Leqvio n'a été utilisé que par 0,17 % des patients en 2023, il représentait près de 10 % des dépenses totales en matière d''anticholestérol'. Cela contraste avec les statines. Elles ont été utilisées par 71 % des patients, mais ne représentaient que 39 % des dépenses."
Le Leqvio et l'acide bempédoïque sont des médicaments sous contrat secret, dont le prix est négocié à huis clos entre le ministre de la Santé et les firmes pharmaceutiques. Les coûts avancés par le PTB ne tiennent pas compte d'éventuelles rétrocessions que prévoient ces contrats. Le coût net est donc sans doute moindre.

"Ce ne sont pas les médicaments 'anticholestérol' les plus prescrits qui font exploser les coûts, mais de nouveaux médicaments hors de prix. Et c'est le ministre Vandenbroucke lui-même qui autorise ces prix élevés via des accords secrets, dénonce Sofie Merckx, la cheffe de file du PTB à la Chambre. Faire payer davantage les patients pour des médicaments, alors que l'industrie pharmaceutique pille la sécurité sociale, c'est inacceptable. Nous demandons au ministre de supprimer cette augmentation du prix des médicaments."