"Vous êtes le fossoyeur de la Wallonie" : Paul Magnette et Georges-Louis Bouchez s'affrontent dans un échange très tendu
Ce mercredi soir, les deux présidents de parti s'affrontaient lors d'un grand débat, une semaine après l'accord sur le budget fédéral.
- Publié le 03-12-2025 à 20h48
- Mis à jour le 04-12-2025 à 17h28

Le débat, prévu pour 19h25 sur RTL tvi ce mercredi soir et animé par Martin Buxant, promettait d'être explosif. Il a, sans surprises, tenu toutes ses promesses. Pendant 15 minutes, dans "Face à Buxant", le président du PS Paul Magnette a affronté Georges-Louis Bouchez, président du MR, lors d'une discussion structurée autour de trois axes, le tout fact-checké par la rédaction d'RTL.
Quelques jours après l'accord du gouvernement De Wever sur le budget fédéral et les nombreuses critiques qui en ont découlé, les deux présidents de partis, qui ne s'étaient pas affrontés depuis longtemps, se sont retrouvés pour défendre leur vision de la Belgique.
"Une rage taxatoire, du jamais vu"
Premier point abordé par Martin Buxant : qui paye réellement le budget ? Pour le président des libéraux, il n'y a aucun doute : c'est l'État avant tout qui le paye. "Nous avons procédé à un assainissement budgétaire de 32 milliards (sur l'ensemble de la législature, dont 9,2 milliards lors de l'accord du 24 novembre, ndlr"), rappelle-t-il. "On a ciblé pour ne pas toucher aux travailleurs, à ceux qui épargnent et à ceux qui investissent, car je connais déjà le grand cinéma…" anticipe-t-il. "Nous avons le pire budget de l'Union européenne", souligne Georges-Louis Bouchez.
Une réponse qui n'a visiblement pas plu à Paul Magnette. "Il fallait faire des efforts", concède-t-il, "personne ne le conteste. Mais ce sont les travailleurs, les classes moyennes et les pensionnés qui payent la facture. La moitié des travailleurs va perdre 500 euros, ou plus. Des pensionnés actuels vont perdre 1000 euros par an. Et à côté, on a cette pluie de nouvelles taxes. On a jamais vu une rage taxatoire pareille", s'insurge le président socialiste.
Face à la rhétorique de son opposant, Bouchez décide de monter au créneau, interrompant Paul Magnette à répétition. "Je suis assez abasourdi qu'un professeur d'université se laisse aller à autant d'inexactitude. Nous baissons énormément de taxes aussi. Le seul moment où on baisse les impôts, c'est quand les libéraux sont là, à la grande différence des socialistes", insiste-t-il.
"Nous protégeons les classes moyennes"
Si les vraies cibles de cette réforme budgétaire n'ont pas rassemblé les deux interlocuteurs, le deuxième sujet de Martin Buxant, à savoir la contribution des "épaules les plus larges", n'a fait qu'accroître le fossé entre le libéral et le socialiste.
"Vous ne vivez pas dans la vie concrète des gens" critique Paul Magnette. "Le gaz sera plus cher avec les nouvelles taxes du MR. Le MR ne veut jamais faire payer les grandes fortunes", continue le président du PS, avant d'adresser une pique à son rival, suite à une discussion survenue au Parlement : "Mais vous n'étiez pas au Parlement la semaine dernière", sourit-il. "Avec vous, c'est toujours les travailleurs et les salaires qui payent".
Pour Georges-Louis Bouchez, ces critiques ne passent pas. "Nous protégeons la classe moyenne", se défend-il. "Ces taxes sur les épaules les plus larges, c'est une bêtise. Je l'assume, même si nous le faisons beaucoup plus que le PS", souligne-t-il.
"C'est vrai, vous faites beaucoup plus de bêtises que le PS", répond immédiatement Magnette, prêt à bondir. "Le seul avec qui c'est impossible de débattre, c'est vous", attaque-t-il. "Vous n'avez pas d'arguments pour débattre, vous êtes un menteur", répond-on de l'autre côté de la table.
"Mr Magnette répand des inepties"
Troisième volet de la soirée : le double saut d'index programmé par le gouvernement de l'Arizona. "Mr Magnette répand des inepties sur le plan économique. Dermagne, un ministre fantôme de l'économie et de l'emploi, n'a pris aucune mesure", critique Georges-Louis Bouchez.
Une attaque qui force le président du PS à réagir. "Cela fait 26 ans que le MR était au gouvernement, sans discontinuité. Est-ce que les travailleurs payent trop d'impôts en Belgique ? Oui, mais qui est responsable ? Le MR !", continue Paul Magnette, avant d'engranger sur les difficultés traversées par de nombreuses professions, dont les professeurs et le personnel soignant. "Trois milliards d'économie seront faits, il y a bien quelqu'un qui va le payer".
Face à ces critiques, pourtant, Georges-Louis Bouchez présente plusieurs chiffres. "Nous allons leur donner 200 euros nets tous les mois. Ce n'est pas un mensonge, ce sont des chiffres", souligne-t-il, tandis que, de son côté, Paul Magnette préfère parler du statut des enseignants, qui "perdront 500 euros par an".
"Quand on écoute Georges-Louis Bouchez, c'est toujours la même chose", conclut Paul Magnette. "Les travailleurs gagnent trop, et il faut les faire contribuer. Les grandes fortunes, par contre, il ne faut pas. On peut augmenter les salaires, faire en sorte que ceux qui ont commencé à travailler tôt partent plus tôt. Oui, on peut respecter les enseignants".
"Notre rôle", lui répond Bouchez, "c'est de protéger les gens sur le plan de la sécurité, mais aussi sur le plan économique, pour ne pas qu'on reste dans la catastrophe que nous a laissée la gauche. Nous récompensons le travail en baissant les impôts, et en favorisant ceux qui ont réellement travaillé. Nous voulons rompre avec la fatalité qui a gangrené la Wallonie et Bruxelles".
