La Défense se dote d'armes intelligentes à "létalité réduite" pour ses missions de surveillance
Le ministre Theo Francken en a fait l'annonce ce lundi. Il avait été séduit par ce FN303T, produit par la FN Herstal, lors d'une visite en Californie.

- Publié le 30-12-2025 à 11h39

Theo Francken (N-VA) avait découvert le FN303T lors d'une mission économique en Californie, en octobre. Manifestement séduit par ses performances, le ministre de la Défense a annoncé lundi l'acquisition par l'armée de cette arme, dite intelligente, à "létalité réduite" ("less-lethal"), pour des missions de surveillance.
La Défense utilise le FN303, produit par la FN Herstal, depuis plusieurs années déjà. Il s'agit d'un lanceur à air comprimé tirant des projectiles de 18 mm qui se désagrègent à l'impact, évitant les ricochets. Ces projectiles peuvent contenir de la peinture lavable ou indélébile (pour le marquage), ou des poussières irritantes. On parle d'une arme à "létalité réduite", généralement utilisée pour le maintien de l'ordre, car aucune arme est totalement non létale. Un incident mortel avait d'ailleurs été rapporté à Boston en 2004.
L'annonce du ministre porte toutefois sur l'acquisition de la nouvelle version "smart" (intelligente) de ce lanceur, le 303T. Il est dorénavant équipé d'une caméra intégrée et d'un traitement d'images en temps réel permettant de bloquer l'usage de l'arme lorsque des têtes humaines sont repérées dans l'axe de tir.
"Dans des situations de stress extrême, chaque fraction de seconde compte. Le FN Smart Protector 303T fait alors office de filet de sécurité technologique, a commenté Theo Francken dans un communiqué. En réduisant considérablement le risque de tirs accidentels à la tête, nous renforçons la sécurité tant de nos militaires que des personnes concernées."
Évaluation à partir du 1er mars
Le cabinet du ministre précise à La Libre que le FN303T sera utilisé pour des missions de surveillance, par exemple des ambassades belges à l'étranger ou des sites nucléaires, qui sont de la responsabilité de la Défense. Et qui sait, plus tard, lors d'un futur déploiement en rue ou dans les gares, en soutien de la police ? Les soldats continueront par contre à utiliser leur armement habituel lors des opérations purement militaires.
Ni le nombre d'armes qui seront acquises ni, a fortiori, le budget afférent ne sont encore connus. Cela dépendra des résultats de la phase d'évaluation qui sera menée dès la réception des premiers lanceurs, à partir du 1er mars 2026.
Pour le ministre, "utiliser l'innovation locale pour mieux protéger nos militaires et éviter les dommages collatéraux, c'est une question de bon sens". La Défense, rappelle-t-il, a en effet intensifié depuis 2024 sa collaboration avec la FN Herstal, permettant entre autres le renouvellement systématique de l'arsenal d'armes et de munitions de petit calibre.