"Un redémarrage de Tihange 1 est impensable"
Le débat autour d'un redémarrage du réacteur nucléaire de Tihange 1 est "une discussion qui appartient au passé", a déclaré mardi le CEO d'Engie Belgium, Vincent Verbeke, à la presse.

- Publié le 13-01-2026 à 16h17
- Mis à jour le 13-01-2026 à 17h12

"Nous appelons les autorités à se tourner vers l'avenir", qui comprend, selon Engie, des éoliennes, des parcs de batteries et des centrales au gaz, entre autres.
"Nous ne sommes pas contre l'énergie nucléaire", a répété à plusieurs reprises M. Verbeke. "Mais nous avons choisi d'autres priorités, parce que nous croyons que l'énergie de demain sera avant tout renouvelable et flexible".

La position de l'entreprise concernant l'énergie nucléaire est également claire. "En dehors des accords en cours avec l'État belge, nous ne prévoyons pas d'investir dans le nucléaire", assure le patron d'Engie. Cela signifie que la société énergétique prolongera bien les réacteurs de Doel 4 et de Tihange 3 pour dix ans - jusqu'en 2035 -, et travaillera dans le même temps au démantèlement des cinq autres réacteurs qui ont été arrêtés.
Engie a récemment reçu un permis pour démolir la tour de refroidissement du réacteur de Tihange 1, bien qu'un recours ait été introduit contre cette décision. Cette démolition serait un coup dur pour le ministre de l'Énergie Mathieu Bihet (MR), qui souhaite justement relancer ce réacteur.
Mais "un projet de redémarrer Tihange 1 est impensable", a assuré M. Verbeke. "Le réacteur a fonctionné de manière sûre et fiable durant cinquante ans, mais il est désormais à l'arrêt. (...) Des travaux gigantesques seraient nécessaires" pour la mettre à jour, a précisé le CEO.
Le CEO d'Engie Belgium appelle les autorités à ne plus regarder en arrière, mais à utiliser les moyens disponibles pour accélérer la transition énergétique. Par exemple en encourageant le déploiement d'éoliennes et de parcs de batteries, et en ayant une plus grande attention pour le gaz.
Au parlement wallon, le MR s'inquiète de l'avenir énergétique de la région
Aucun acte irréversible ne doit être posé à Tihange tant que n'est pas tranché le recours suspensif introduit par le collège communal de Huy contre le permis unique visant la déconstruction des tours de refroidissement 1 et 2 de la centrale, plaide le MR mardi.
"Nous demandons au ministre Desquesnes, en tant qu'autorité de recours, de faire preuve de cohérence avec le niveau fédéral et de ne pas négliger l'importance de notre sécurité d'approvisionnement pour les décennies à venir", explique la députée libérale Valérie Bluge.

Ce dossier atterrira certainement sur la table du parlement régional la semaine prochaine, tout comme celui de la Boucle du Hainaut que le MR voudrait voir avancer.
"La sécurité d'approvisionnement, ce n'est pas seulement produire: c'est aussi transporter. Sans réseau, l'offshore, la décarbonation et la réindustrialisation restent des slogans. La Boucle du Hainaut doit avancer", pointe ainsi le député Olivier Maroy.
Selon une étude indépendante, l'abandon de ce projet ferait courir un risque de 180 à 500 millions d'euros de valeur ajoutée perdue chaque année. À l'inverse, sa réalisation pourrait générer jusqu'à 10,2 milliards d'euros de valeur ajoutée d'ici 2050, et près de 5.000 emplois pendant la phase de construction, rappelle ce dernier.
Tihange et la Boucle du Hainaut, "c'est le même enjeu: éviter des décisions irréversibles qui ferment des options, et accélérer les infrastructures indispensables pour sécuriser l'approvisionnement et réussir la transition. La Wallonie a déjà du retard; nous ne pouvons plus attendre", concluent les deux députés qui promettent d'interroger le ministre Desquesnes sur ces deux dossiers.