Qui deviendra ministre-Président ? Le casting stratégique du MR à Bruxelles
Les négociations pour la formation du gouvernement bruxellois semblent avancer. Par conséquent, les spéculations se multiplient autour du nom du futur ministre-Président. Du côté du MR, plusieurs profils émergent, même si une surprise reste possible.

- Publié le 10-02-2026 à 18h30
- Mis à jour le 10-02-2026 à 21h34

La négociation bruxelloise qui s'est engagée mardi reste fragile. Après plus de 600 jours d'atermoiements, la prudence s'impose dans les analyses… Mais, puisque le nom du futur ou de la future ministre-Président(e) fait déjà l'objet de spéculations, voici les profils le plus souvent cités chez les libéraux. Pour autant que les discussions aboutissent, le poste doit revenir au MR.
David Weytsman, président du CPAS de Bruxelles et ancien député, fait partie de la jeune garde libérale bruxelloise. Fin connaisseur des dossiers régionaux, il a également acquis une expérience dans la gouvernance communale, l'un des chantiers dont devra s'occuper la prochaine majorité bruxelloise.

Bernard Quintin, le diplomate
Le nom de Bernard Quintin circule également dans les couloirs du MR. Actuel ministre de l'Intérieur, ce diplomate de carrière a démontré sa fiabilité et sa capacité à endosser des portefeuilles exigeants. S'il privilégie la poursuite de son mandat fédéral, sa sensibilité progressiste et ses qualités humaines pourraient constituer un précieux ciment dans une coalition régionale mêlant gauche et droite. Il ne faut pas oublier qu'il doit son ascension politique à Georges-Louis Bouchez : si le président du MR lui demande de prendre les rênes de la Région, il lui sera difficile de décliner.

Autre hypothèse fréquemment évoquée : Valentine Delwart. Échevine à Uccle, longtemps bras droit de Charles Michel, elle est reconnue pour son intelligence politique et sa loyauté. Des qualités qui pourraient s'avérer décisives dans un contexte bruxellois propice aux tensions et aux crises. Malgré de récentes confidences de Georges-Louis Bouchez laissant entendre qu'elle ne deviendrait pas ministre-Présidente, Valentine Delwart resterait en lice.

Valérie Glatigny, la combative
Ces dernières années, Valérie Glatigny, l'actuelle ministre de l'Éducation au sein du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a surpris par son esprit combatif dans la gestion de dossiers sensibles. Une "main de fer dans un gant de velours", dit-on volontiers à son sujet… Son autorité feutrée pourrait trouver toute son utilité dans un exécutif contraint de redresser des finances régionales exsangues.

Une piste à ne pas écarter, malgré tout : David Leisterh. Initialement chargé par le MR de tenter de former une coalition, cet ami personnel de "GLB" tenait la corde. Mais, après des mois de paralysie, épuisé moralement, il a fini par se retirer et se concentre désormais sur son mandat de bourgmestre de Watermael-Boitsfort. En coulisses, toutefois, son nom continue de circuler : Georges-Louis Bouchez pourrait être tenté, s'il parvenait à constituer une majorité, de convaincre son ancien lieutenant de revenir au premier plan et d'assumer la ministre-présidence qui lui avait été promise.

Alexia Bertrand, l'union libérale
Alexia Bertrand figure elle aussi parmi les profils évoqués. Ancienne cheffe de groupe MR au Parlement bruxellois et ex-secrétaire d'État au Budget sous l'étiquette Open VLD – récemment rebaptisé Anders –, elle dirige aujourd'hui les députés libéraux flamands à la Chambre. Réputée pour sa maîtrise des matières techniques et budgétaires, elle pourrait apporter une compétence précieuse à la Région-Capitale. En 2022, dans La Libre, Alexia Bertrand s'était d'ailleurs déclarée candidate à la ministre-présidence bruxelloise.

En froid avec Georges-Louis Bouchez, leurs relations se seraient sensiblement apaisées ces derniers mois. Tout en siégeant pour les libéraux flamands, elle a conservé sa carte de membre du MR. Cette double appartenance présente un avantage : elle permettrait de sceller la présence d'Anders dans la future majorité tout en resserrant les rangs de la famille libérale à Bruxelles, voire à l'échelle du pays.
Dans le registre des hypothèses plus audacieuses, certains murmurent le nom de Sophie Wilmès et de Georges-Louis Bouchez lui-même. Mais, comme le rappellent plusieurs experts, la fonction exige de résider en Région bruxelloise, condition que ne remplissent pas – pour le moment, en tout cas – ces deux grandes figures du MR.

Enfin, une option ne saurait être totalement écartée tant le président libéral affectionne les coups de théâtre : l'arrivée d'une personnalité issue du monde de l'entreprise ou de la société civile. Désigner un ministre-Président sans passé partisan offrirait l'occasion de clore une séquence politicienne interminable et de redonner un nouveau souffle à l'institution bruxelloise.
