"Il ne faut pas jouer aux bisounours, il y a de vraies divergences idéologiques", avertit Bouchez après l'accord à Bruxelles
Le président du MR a présenté les grandes lignes de l'accord sur le plateau de la RTBF.
- Publié le 12-02-2026 à 21h06
- Mis à jour le 12-02-2026 à 21h32

Après trois jours de conclave, 613 jours sans gouvernement et de nombreuses tentatives, les partis de la capitale sont enfin parvenus à un accord pour former un gouvernement régional à Bruxelles.
"C'était la seule solution", juge Georges-Louis Bouchez, formateur et président du MR, qui était invité sur le plateau de "Jeudi en prime" (RTBF). "Le gros problème, ici, c'était que l'on n'arrivait pas à réunir une majorité francophone et néerlandophone".
Pour le libéral, bien qu'éreintant, ce conclave a produit ce qu'il devait : des discussions de fond, et un accord, grâce à la volonté des partis impliqués. "Il y a une dynamique où l'on sent que les choses se passent. Les projets se mettent en œuvre, il est plus facile d'avancer".
"Il n'y a pas de quoi être fier", tempère-t-il. "C'est un soulagement que notre région et notre capitale puissent avoir un gouvernement".
Malgré l'accord, le président du MR reste néanmoins prudent face aux défis qui attendent les futurs ministres. "Il ne faut pas jouer aux bisounours, il y a de vraies divergences idéologiques".
Des mesures claires
Après être revenu sur les taxes sur les véhicules, dont la simplification des zones à basses émissions (LEZ), Georges-Louis Bouchez s'est attardé sur le vrai cœur de la négociation : le budget, en promettant près d'un milliard d'euros d'économies.
"Nous n'allons pas toucher au pouvoir d'achat des citoyens", promet le formateur. "Près de 30 % des économies viennent de la simplification de l'administration, sans licenciements".
Selon le président du MR, les négociations ont également permis de doubler la prime "BE Home", via une ristourne de la part du gouvernement régional, pour ainsi faire baisser le précompte immobilier. Une solution que Bouchez souhaiterait également voir aboutir en Wallonie.
Pas de N-VA
Si le monde politique belge a tiré un soupir de soulagement face à la fumée blanche ce jeudi après-midi, le Premier ministre Bart de Wever a émis quelques réserves. "Ce qui m'intéresse, c'est l'assainissement de Bruxelles", a-t-il concédé. "Mais je suis un peu sceptique, car je connais le cynisme du PS".
Condition sine qua non pour la participation du PS, l'exclusion de la N-VA ne réjouit pas Georges-Louis Bouchez. "Je le regrette, mais il fallait l'acter", répond l'intéressé.
Un carrousel ministériel ?
L'accord désormais trouvé, les partis devront se concentrer sur un autre aspect clé : les postes ministériels, à commencer par la ministre-présidence.
"Le MR occupera la ministre-présidence", confirme Bouchez. De quoi voir le président du MR à la tête de Bruxelles ? "Rien n'est exclu", concède-t-il.
"Parfois, vous m'inspirez", sourit-il à l'adresse de Thomas Gadisseux et Nathalie Maleux. "Tant que je ne le dis pas, vous pouvez écrire plein de choses".

