Le ministre Vandenbroucke maintient sa réforme des cliniques du sein, malgré la contestation du terrain
La réforme prévoit que, dès le 1er janvier 2027, les chirurgies du sein ne pourront plus être effectuées dans les petites cliniques.

- Publié le 22-06-2026 à 18h21

À l'entendre, Frank Vandenbroucke (Vooruit) ne compte pas faire marche arrière sur sa réforme des cliniques du sein. "Nous portons cette réforme parce qu'un constat médical s'impose : plus un centre spécialisé traite de patientes atteintes d'un cancer du sein, plus les résultats s'améliorent. C'est sur cette réalité que repose la réorganisation en cours", fait valoir le cabinet du ministre fédéral de la Santé.
La réforme en question prévoit qu'à partir du 1er janvier 2027, les petites cliniques du sein (appelées cliniques affiliées ou satellites), celles traitant le moins de patientes, ne pourront plus effectuer d'opérations. Selon les derniers chiffres, 22 sites sont concernés, dont la moitié se trouvent en Wallonie. Les chirurgies seront réservées aux grandes cliniques (dites coordinatrices), suivant une logique de concentration des soins complexes dans les centres d'expertise.
Le problème, c'est que l'étude du KCE (Centre fédéral d'expertise des soins de santé), sur laquelle s'appuie le ministre, est critiquée par une partie des acteurs de terrain. Selon eux, elle serait biaisée méthodologiquement et ses résultats, en particulier sur le taux de mortalité, seraient mal interprétés.
"On se bat contre une décision prise en dépit du bon sens, qui n'est basée sur aucune preuve scientifique valable", dénonçait ce lundi, dans La Libre, la Dre Ysabel Struye, au nom de plusieurs cliniques affiliées. Chirurgienne oncologue au CHR Haute Senne de Soignies, l'un des sites concernés par la mesure, elle pointe l'importante d'une "chirurgie de proximité", dont la qualité, selon elle, ne peut être remise en cause. Aussi demande-t-elle au ministre de suspendre la mesure, le temps de mener une nouvelle étude, plus robuste.
Les chiffres du Registre du cancer
"Notre objectif est d'améliorer la qualité des soins et la sécurité des patientes, répond le cabinet Vandenbroucke. Le rapport du KCE sur lequel s'appuie cette réforme a analysé l'ensemble du parcours de soins et pas uniquement les taux de mortalité. Il prend également en compte la qualité des actes réalisés, l'organisation multidisciplinaire et le respect des bonnes pratiques cliniques."
Selon le cabinet Vandenbroucke, les petites cliniques continueront à jouer un rôle dans l'accompagnement des patientes. Ce qui évolue, c'est l'organisation de certains actes chirurgicaux.
"Les cliniques affiliées continuent à jouer un rôle essentiel, souligne-t-il. Le dépistage, les consultations, le suivi et l'accompagnement des patientes restent organisés au plus près de leur lieu de vie. Ce qui évolue, c'est l'organisation de certains actes chirurgicaux spécialisés, afin qu'ils soient réalisés dans les centres où l'expertise est la plus importante. Cette évolution se met progressivement en place dans le cadre des collaborations interhospitalières existantes."
"Nous attendons également les données du Registre du cancer sur les effets observés depuis l'entrée en vigueur de la réforme à partir de 2024. Elles permettront d'évaluer la situation de manière objective et de poursuivre le dialogue avec les établissements et les professionnels de terrain", conclut le cabinet Vandenbroucke. Qui semble ne pas tout à fait fermer la porte à une modulation de la réforme.